Six urgences, six conséquences

Guy Haché, B. Sc. (médecine), M. Sc. A, ing.
Caraquet

Comme vous le savez, le gouvernement a décidé de fermer le service de nuit de six urgences du Nouveau-Brunswick. Alors, voici les conséquences attendues d’une telle mesure.

Premièrement, la charge de travail et la responsabilité des ambulanciers augmenteront. Ils devront ainsi gérer l’évolution des complications du patient sur un trajet beaucoup plus long. De plus, il y aura un goulot d’étranglement de transport ambulancier durant la nuit. Il va sans dire que ceci aura des conséquences néfastes pour nos ambulanciers et notre communauté.

Deuxièmement, il est de connaissance publique qu’il manque d’effectifs chez Ambulance NB. On peut donc s’attendre à justement «attendre» encore plus. Imaginez que l’ambulance n’arrive pas et que vous décidiez de conduire votre enfant à l’urgence dans un état critique…

Troisièmement, il y a cinq niveaux de priorité au triage à l’urgence :

P1: Vie en danger, prise en charge immédiate.
P2: Prise en charge rapide (forte douleur à la poitrine).
P3: Problème important, sans danger de vie (fracture).
P4: Problème doit être pris en charge, mais peut patienter (brûlure mineure).
P5: Sans gravité, aller en clinique est préférable.

Si le temps pour arriver à l’urgence augmente de 30 minutes ou plus, il y aura de graves conséquences sur les Néo-Brunswickois de niveaux P1 et P2. À l’urgence, on veut traiter ces personnes en moins de 20 minutes. Le risque de décès augmente dangereusement ainsi que le temps d’hospitalisation en raison de l’évolution de la maladie due au retard des traitements. De plus, une plus longue hospitalisation vient avec des possibles complications. De surcroît, plus la distance avec le service de santé est augmentée, moins les patients consultent, ce qui fait progresser la maladie. Tout ceci va augmenter les coûts en santé.

Plusieurs perdront leur emploi. Les Néo-Brunswickois perdront des revenus, les régions rurales, tout comme la province, vont s’appauvrir. Certains perdront leur autonomie, certains perdront leur vie.

Quatrièmement, selon une étude américaine de Ramesh, les départements d’urgence sont les lignes de front dans la santé rurale. De plus, la population néo-brunswickoise est vieillissante, l’urgence est par conséquent une source majeure de services médicaux pour cette population vulnérable.

Cinquièmement, il y aura une augmentation importante de patients dans les plus grands centres alors que ceux font déjà face à une très grande demande. Par conséquent, ces coupures dans les régions rurales n’affectent pas seulement ces dernières, mais bien tous les Néo-Brunswickois!

Finalement, ces coupures augmenteront de façon importante les inégalités d’accès aux soins de santé entre les régions rurales et urbaines, ce qui est contraire à la norme d’accessibilité de la loi canadienne sur la santé.

Ces six arguments démontrent clairement que la sécurité des Néo-Brunswickois sera atteinte. Regagnez les numéros de pratiques pour nos dévoués médecins et conservez nos urgences rurales la nuit, voici un bon plan pour conserver nos magnifiques régions rurales en santé!