Un peu de retenue et de réflexion

Jean-Claude Larocque
Lamèque

J’ai apprécié d’entendre la décision du conseil de la Ville de Lamèque de ne pas suivre le mouvement des autres municipalités portant sur la situation des soins de santé. Ça me frustrait de voir qu’aucun intervenant ne prenait le temps d’analyser la situation sans embarquer dans ce que j’appelle une guerre pour savoir qui pourra s’approprier le maximum d’attention de l’opinion publique.

Je me permets de vous transmettre mon point de vue sur cette saga

  • Le seul effet de la fermeture éventuelle de l’urgence à Caraquet aurait été pour une partie de la population d’avoir à se déplacer 30 km pour se rendre à Tracadie pour une période de dix heures, soit de 22h à 8h ou encore de se rendre à l’Hôpital régional Chaleur de Bathurst à 52 km (NDLR: la distance entre les hôpitaux de Caraquet et de Bathurst est de 73,5 km selon Google Maps). Tous les citoyens des îles Lamèque et Miscou ont à conduire des distances supérieures à ceci 24 heures sur 24, incluant certaines gens de Miscou qui doivent se déplacer sur 80 km et traverser trois plaines.
  • Si on a à vivre une situation d’urgence durant la nuit, ce sont les intervenants de première ligne, ambulanciers et autres, qui vont nous aider. Le personnel des urgences de nos hôpitaux ne se déplace pas à nos domiciles ou sur les lieux d’accident.
  • Je présume que ça hypothèque beaucoup d’énergie des médecins et des membres du personnel lorsqu’ils sont en poste la nuit. Cette énergie pourrait être utilisée de façon beaucoup plus productive dans les heures où il y a le plus d’affluence.
  • C’est connu qu’il y a un manque de personnel dans tous les domaines et particulièrement dans le domaine de la santé. Je crois qu’il serait sage de laisser nos dirigeants travailler en paix. Les dirigeants des établissements de soins (foyers, hôpitaux) doivent livrer le service 24 heures sur 24 avec les problèmes de personnel souvent amplifiés par des contraintes syndicales ou autres.
  • Il est dommage que des agitateurs publics aient profité de la situation pour y mêler des causes régionales, linguistiques, politiques et personnelles.
  • Si j’ai bien compris, le plan de fermeture avait été suggéré par des études précédentes, mais personne n’avait eu le courage de le mettre en place.
  • Dans un article de l’Acadie Nouvelle du 28 février, il est rapporté que le directeur parlementaire du budget (DPB) mentionne que le Nouveau-Brunswick aurait besoin de 260 millions $ supplémentaires annuellement afin d’avoir une politique budgétaire viable à long terme. C’est la croissance des dépenses en matière de santé due au vieillissement de la population qui est à la base de cette situation, selon le DPB.
  • Les grands perdants dans tout ceci sont les gens de Shippagan/Lamèque/Miscou qui ont perdu leur ministre et leur porte d’entrée au gouvernement alors qu’un gros dossier est à faire évoluer (nouveau pont de Lamèque-Shippagan). Dernièrement, lors d’une émission à la radio anglophone traitant du gouvernement, il a été mentionné que le «député de Caraquet», Robert Gauvin, avait décidé de siéger comme indépendant…