Laissons les infirmières praticiennes travailler avec les médecins de famille

Comme médecin de famille impliqué auprès de la réforme de la santé primaire depuis plus de 25 ans et comme témoin de première ligne des besoins de santé de la population comme médecin de famille exerçant à Bathurst, j’aimerais émettre certaines opinions concernant la situation actuelle.

Premièrement, les affrontements entre autorités et population n’ont jamais donné rien de bon pour planifier une réforme des soins de santé en santé primaire basée sur la justice sociale, l’accès et l’équité. Il y aura toujours beaucoup trop d’énergie gaspillée pour savoir qui va gagner ou qui va perdre au lieu de se concentrer sur ce qui compte vraiment, soit les soins aux patients et des résultats collectivement acceptables.

Il est évident que le système que nous connaissons présentement ne peut pas continuer sans que nous fassions face à un déficit budgétaire monstre et que nous laissions à la génération qui nous suit notre incapacité à gérer notre propre système de santé. Ceci serait injuste pour nos enfants et nos petits-enfants. Tout comme l’environnement, on ne pas juste continuer à abuser sans un jour en payer le prix. Une source très importante de solutions se trouve dans les cabinets de médecine de famille de nos collectivités rurales et urbaines. Quoique l’on en dise, les cabinets de médecine familiale sont sous utilisés et mal planifiés pour atteindre les objectifs de santé primaire actuellement.

Nous devons faciliter le travail des médecins de famille afin qu’ils puissent offrir des services de soirée et de sans rendez-vous à leur propre clientèle. Nous devons accélérer l’accès en première ligne, le même jour ou la même semaine, à nos patients qui ont besoin de soins pour qu’ils évitent d’aller consulter à l’urgence. C’est dix fois plus cher, au minimum, pour le même problème vu à l’urgence plutôt qu’en cabinet de médecin familiale.

Il n’y a aucune raison pour ne pas permettre à des infirmières praticiennes de travailler côte à côte avec des médecins de famille et/ou des infirmières de médecine familiale en collaboration avec les médecins de famille, pour qu’ils puissent ensemble faire le travail à moindre coûts avec une meilleure satisfaction générale. Les patients s’en trouveront mieux servis, les gouvernements y trouveront leur compte, et les dures décisions à prendre dans tout le système seront plus faciles à planifier, à gérer, et à accepter si les gens ont confiance dans les efforts qui sont faits pour que leurs proches ne soient pas laissés de côté.

Des solutions, il y en a plein. De la volonté de vraiment changer le système, je n’en vois malheureusement pas assez présentement. De l’espoir pour les collectivités qui veulent se prendre en main, je crois que cela peut être un objectif réalisable. J’en appelle à tous les partis politiques et à tous les représentants de toutes les collectivités à chercher le bien des populations plutôt que de gagner des batailles pour ne pas les perdre.

Dr Jean-Pierre Arseneau
Médecin de famille
Bathurst