La santé est un droit équitable

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet

Si quelqu’un doutait encore que notre système de santé est dans le mur, la saga de la fermeture des urgences de nuit de six hôpitaux ruraux aura eu l’effet d’une bombe qui nous a atteints au cœur.

En dépit de cela, nous continuons à recevoir d’excellents soins de santé grâce aux professionnels consciencieux et dédiés qui vont au-delà des demandes du service pour nous offrir ce qu’il y a de meilleur, mais pour combien de temps?

Malheureusement, on a compris que ces gens si dévoués et qui connaissent très bien la dure réalité des hôpitaux ruraux n’ont pas été consultés. Il me semble que cela serait plus logique d’augmenter les services dans ces hôpitaux plutôt que de les diminuer afin d’éviter d’engorger davantage les hôpitaux régionaux.

Avec tout le respect que l’on doit à nos élus politiques et aux dirigeants du Réseau de santé Vitalité, on s’entend qu’ils ont oublié une étape essentielle, soit la consultation des premiers répondants dans ces hôpitaux et la population concernée.

Le premier ministre a finalement vu la lumière. Il a indiqué qu’il irait en consultation. Le gouvernement passera le test du budget la semaine prochaine. Il est difficile d’imaginer que les élus des autres partis à l’Assemblée législative, à l’exception du parti «Core» anti-bilinguisme, laisseront en place un gouvernement qui n’a plus de légitimité auprès d’un tiers de sa population, les Acadiens, suite au courageux départ de Robert Gauvin.

Va-t-on apprendre de cette crise et arrêter de jouer le jeu politique avec les soins de santé et de traiter les gens de haut, c’est le cas de le dire? Il me semble qu’il y a une déconnexion entre les élites, qu’elles soient politiques ou administratives.

Pourquoi le Réseau Vitalité n’a pas cru bon consulter? On comprend que leur patron est le ministre de la Santé. C’est bien beau de s’obstiner que la réforme était nécessaire et justifiée d’après le premier ministre et la direction de Vitalité. Cependant, les gens, eux, veulent être soignés et rassurés, pas être un ballon dans une arène politique, de pouvoir ou dans un débat de qui a raison ou à tort.

Il est temps d’ouvrir les livres et de mettre toutes les données sur la table. Pas seulement pour les six régions rurales en question, mais aussi pour l’ensemble du réseau de santé dont les grands hôpitaux des centres urbains.

Tout le réseau de santé devrait faire sa part, pas seulement les petits hôpitaux ruraux où déjà il y a peu de services.

La population et les professionnels sur le terrain ont peut-être des idées qui pourraient ouvrir de nouvelles pistes de solution.

Après tout sommes-nous des citoyens de deuxième classe parce que nous vivons dans des régions rurales?

Est-ce que nos taxes/impôts, notre vote ou notre vie valent moins que si nous vivons dans les grandes villes de la province?

L’accès aux soins de santé doit être un droit, mais surtout un droit équitable pour tous les citoyens et citoyennes de la province, que l’on vive en région rurale ou dans les centres urbains.