Réduction de la pauvreté: promesses brisées

Le 5 mars dernier était officiellement lancé le nouveau plan de réduction de la pauvreté «Ensemble pour vaincre la pauvreté 3» ou EPV3. Dans ce nouveau plan, on nous promet enfin de «fournir un soutien suffisant à ceux qui se heurtent à de multiples barrières les empêchant de travailler». Espérons que cette fois-ci chose promise sera chose faite, parce que lors du premier plan de réduction de la pauvreté EPV1 de 2009-2014, on nous promettait de «restructurer et augmenter les taux d’aide sociale, y compris un nouveau régime plus approprié pour les personnes handicapées».

Jusqu’à ce jour, personne n’a encore vu d’augmentation significative des prestations prolongées pouvant sortir les personnes vivant avec un handicap sévère de la pauvreté extrême au Nouveau-Brunswick. En date de février 2020, il y a encore 6890 bénéficiaires du programme de prestations prolongées de l’aide sociale, déjà certifiés invalides et incapables de subvenir à leurs propres besoins, qui vivent dans la pauvreté extrême. La pauvreté extrême étant définie comme un manque de ressources monétaires pour se procurer de la nourriture, un logement adéquat, des vêtements et une passe mensuelle donnant accès au transport en commun. Plusieurs personnes vivant avec un handicap sévère sur l’aide sociale au Nouveau-Brunswick qui doivent encore aujourd’hui choisir entre la nourriture OU le logement tellement leurs revenus sont bas.

Alors que cette fois-ci la Société de l’inclusion économique et sociale, avec son nouveau plan EPV3, nous promet de réduire la pauvreté monétaire dans cette province d’au moins 50% d’ici 2030. Et, cette promesse, si tenue, permettrait de sortir environ 50 000 Néo-Brunswickois de la pauvreté selon leurs estimations. Peut-on vraiment encore y croire? Espérons-le pour tous ceux qui en souffrent!

Mais encore faudrait-il qu’on retrouve dans EPV3 des mesures concrètes pour y arriver…

Peut-être devrions-nous au moins commencer par éliminer la pauvreté extrême dans notre belle province pour assurer à tous, au minimum, le droit aux besoins de base. Ne serait-ce pas là le minimum à viser? La plus urgente situation à laquelle remédier?
Selon EPV3, 4% des Néo-Brunswickois vivraient, en ce moment, en situation de pauvreté extrême. Inacceptable. Il est grand temps d’en finir avec la pauvreté extrême au Nouveau-Brunswick.

Aussi osons espérer que, cette fois-ci, les promesses et les objectifs contenus dans EPV3 seront bien mis en œuvre… En commençant par une augmentation des prestations d’aide sociale pour toutes les personnes vivant avec des handicaps sévères bénéficiaires du programme de prestations prolongées.

Julie Gaudet
Moncton