Les régions rurales dans la mire des politiciens

Pendant la fin de semaine du 8 au 9 février, une rumeur a engendré tout un émoi au cœur de la population du Nouveau-Brunswick. Le lundi 10 février, en page couverture de l’Acadie Nouvelle, les pires craintes des citoyens ont été confirmées. Le gouvernement provincial a annoncé son intention de fermer les urgences de six hôpitaux durant la nuit. Le 16 février, le premier ministre Blaine Higgs a annoncé que les fermetures seraient repoussées en juin. Peu importe quand ils prévoient passer à l’acte, nous croyons fermement que les hauts dirigeants devraient revenir sur cette idée absurde. Ils n’ont aucun droit de nous priver de nos services essentiels!

Tout d’abord, ce n’est pas la première fois qu’ici, à Grand-Sault, les habitants doivent vivre avec la crainte de perdre certaines nécessités dans leur région. L’hôpital a ouvert ses portes en 1964 et c’est en 1979 que le service d’urgence a fait son apparition. En 2015, 36 ans plus tard, une menace de fermeture de l’urgence entre 22h et 6h a bouleversé les citoyens. Ces derniers ont crié haut et fort leur mécontentement et ils ont réussi à conserver leur service d’urgence en tout temps. Malheureusement, d’autres compressions budgétaires se sont enchaînées. En octobre 2017, on a déclaré que les nouveaux patients affectés par le cancer auraient maintenant à se déplacer dans une autre ville pour recevoir leurs traitements de chimiothérapie. Le réseau de santé Vitalité a affirmé que le nombre de patients nécessitant ces soins n’était pas assez élevé pour continuer de les offrir. Vitalité a vu une occasion d’économiser, encore une fois, au détriment des patients. Jusqu’où cela nous mènera-t-il ? Faut-il que des gens meurent pour leur faire comprendre que les coupures, en santé, n’ont pas leur place?

Ensuite, certaines urgences médicales nécessitent une attention immédiate. Au cours des dernières semaines, des histoires qui font réfléchir, on en a vu défiler sur les réseaux sociaux. Par exemple, lors du ralliement qui a eu lieu le 20 février, à l’hôpital de Grand-Sault, la docteure Claude Richard a raconté qu’un patient, victime de choc anaphylactique, serait décédé au cours de la nuit précédente si l’urgence n’avait pas été ouverte. En effet, le seul traitement efficace contre ces graves réactions allergiques est l’injection d’épinéphrine, plus communément appelé l’EpiPen. En sachant qu’une réaction allergique peut se déclencher à n’importe quel moment et qu’elle peut mener à la mort assez rapidement, il n’y a pas de chance à prendre. Les 65 kilomètres qui séparent Grand-Sault d’Edmundston peuvent être fatals dans certains cas.

Enfin, la qualité de vie et le mieux-être de tous les Néo-Brunswickois devraient être la priorité de nos élus. Le Nouveau-Brunswick est l’une des seules provinces au Canada où la population diminue, et ce, principalement car les jeunes décident de s’établir ailleurs. Est-il sage de fermer plusieurs services importants, limitant ainsi les ressources disponibles et les attraits de notre province et ceci, alors même que cette dernière est en manque flagrant de nouveaux citoyens ? Il ne serait pas logique, de la part des bureaucrates, de diminuer la qualité de vie des gens tout en se plaignant de l’exode des jeunes ! La santé et le bien-être des citoyens de notre beau coin de pays devraient être le souci principal des hauts placés.

Tout compte fait, les résidents de la région de Grand-Sault en ont plus qu’assez de sentir que l’épée de Damoclès leur pend au-dessus de la tête. Aussi, il est primordial de se rappeler qu’il n’y a pas d’heure pour une urgence. Enfin, si le gouvernement souhaite garder ses habitants dans la province, il doit veiller à ce que ceux-ci bénéficient d’une bonne qualité de vie et de services accessibles pour tous. Après tout, la vie n’a pas de prix!

Classe d’élèves de français 11e année
Polyvalente Thomas-Albert
Grand-Sault