Budget: le gouvernement Higgs a-t-il adopté la meilleure approche?

Nous avons eu droit vendredi dernier à deux approches différentes par rapport au budget du gouvernement. Le fédéral a retardé le discours et l’adoption du budget, mais a obtenu les marges budgétaires nécessaires pour fonctionner jusqu’à l’adoption du budget. Le Nouveau-Brunswick s’est pour sa part dépêché à adopter le budget présenté quatre jours plus tôt.

Il est évident que ce qui a été prévu dans le budget provincial risque fortement de ne pas tenir la route en raison de crise sanitaire. Non seulement les revenus prévus ne seront pas au rendez-vous, mais il y a fort à parier que les dépenses augmenteront fortement à cause des mesures essentielles que nous aurons prises en raison de la COVID-19.

Ce qui est le plus inquiétant dans l’approche provinciale est le fait que nous n’avons pas eu les prévisions budgétaires de chaque ministère et que nous savons peu de choses des restrictions ou des réductions contenues dans ce budget.

Nous savons que les urgences sont protégées jusqu’au retour en chambre, mais quels étaient les autres plans du gouvernement?

Si les dépenses en santé ou les coûts possibles pour des inondations ou toute autre dépense imprévue provoquent un déficit, que fera le gouvernement? Acceptera-t-il un versement moins élevé au remboursement de la dette? Coupera-t-il plus que prévu? Ou encore nous présentera-t-il un nouveau budget plus réaliste?

Personnellement, je crois qu’il aurait été plus sage de donner au gouvernement les marges budgétaires nécessaires pour répondre à cette crise et de reporter le vote sur le budget ou encore mieux de retirer cette proposition de budget pour revenir plus tard avec un budget, des estimations et un vote sur celui-ci.

Suspendre les débats en chambre était la bonne décision, mais avons-nous acheté un chat en poche?

Jacques Verge
Dieppe