Caraquet: il faut rejeter le projet de taxation sur l’hébergement

Permettez-nous, en tant que propriétaires et opérateurs de commerces d’hébergements de la région de Caraquet, de vous faire part de nos objections à la taxe sur l’hébergement que le conseil municipal de Caraquet est en train d’étudier.

Le règlement a déjà franchi l’étape de la deuxième lecture et nos élus devront prendre une décision finale dans les prochaines semaines.

Tout d’abord, précisons que cette nouvelle taxe que l’on veut nous imposer devait initialement s’étendre à toute la province, à l’instar du système présentement en place au Québec et gérée par le ministère du Revenu du Québec.

Ici au Nouveau-Brunswick, le gouvernement provincial après avoir réduit considérablement son budget de promotion touristique pour les régions, a changé les règles du jeu en laissant le fardeau du programme aux municipalités.

Pour des centres comme Saint-Jean, Fredericton et Moncton, le plan suggéré a énormément de sens, compte tenu du grand nombre d’établissements et de l’achalandage de ces établissements hôteliers sur une base annuelle.

Là où le bât blesse, c’est dans une région comme la nôtre ou le taux d’occupation annuel dépasse rarement 25% comparativement à 68% dans les grands centres. Sans oublier que le nombre d’établissements, ici, ne fait pas le poids.

Pour ajouter aux défis que nous pose cette nouvelle taxe, comprenons que tous les opérateurs en hébergement ne seront pas traités également avec ce système.

À titre d’exemple, en 2019, la Péninsule acadienne comptait plus de 200 sites Airbnb qui, à eux seuls, ont vendu au-delà de 1700 nuitées. Ces opérations seront exemptées de la nouvelle taxe, tout comme les campings pour les résidents de plus de trente jours.

Les établissements dans les régions non incorporées se voient également exempts de cette taxe. Toutefois, certaines municipalités de la Péninsule appuient en principe le projet de cette nouvelle taxe, en laissant la liberté aux opérateurs d’y adhérer ou pas.

Dans le contexte actuel de notre industrie, il importe de comprendre que la communauté de Caraquet, qui possède plus de 60% de l’offre d’hébergement de la Péninsule acadienne, serait grandement désavantagée sans savoir de quelle façon les revenus de cette taxe seront dépensés.

De plus, les revenus anticipés découlant de cette taxe, estimés à 200 000$, sont exagérés puisque selon nos calculs un montant de 75 000$ est plus réaliste.

Quand on considère que les efforts et les coûts de gestions pour appliquer ce programme sont tels que la démarche n’en vaut pas la peine. Seul, un programme provincial, géré par le ministère de finances, incluant tous les opérateurs touristiques, pourrait être viable. Toujours en assumant que le gouvernement réinvestisse les sommes perçues de façon équitable pour toutes les régions de la province.

C’est pour ces raisons que nous demandons aux membres du conseil municipal de Caraquet d’écouter ses commerçants et de rejeter ce projet de taxation sur l’hébergement.

Cette opinion a été validée et préparée par les propriétaires et opérateurs de la région de Caraquet.

Guy Beaucage
Caraquet