Tout le monde au poste contre le coronavirus

Le premier ministre Trudeau a annoncé son plan d’aide en s’assurant que tout le monde a de l’argent dans les poches pour se nourrir ainsi que leurs familles, qu’il puisse faire face aux paiements les plus pressants; que les travailleurs autonomes, les PME, les étudiant(e)s ont des ressources pour les aider à passer au travers. Bravo! C’est ça qu’il fallait faire. C’est rassurant.

Le premier ministre Higgs a annoncé l’état d’urgence médicale, comme plusieurs autres provinces. C’était la bonne chose à faire. Maintenant ce ne sont plus des recommandations que la province émet, c’est la loi. Le personnel des soins de santé, des résidences pour personnes âgées et autres se mobilisent pour faire face à la guerre contre le virus, heureusement que nous les avons! Applaudissons-les comme le font les populations de l’Espagne et de la France présentement.

Ce matin, je suis allée faire l’épicerie hebdomadaire tôt afin d’éviter les foules. Hier, les scientifiques nous disaient que 4 personnes sur 5 qui propagent le virus n’ont aucun symptôme, qu’il faut se comporter comme si nous l’avions tous. Alors, je suis inquiète pour nos commis dans les magasins d’alimentation. Les gens sont beaucoup trop proches d’eux. J’imagine que c’est ainsi pour tous les employés qui sont sur la ligne de front dans nos cliniques de santé, nos pharmacies ou nos banques, par exemple. Ils font partie des services essentiels alors nous devons d’autant plus les protéger. On sait que certaines personnes sont inconscientes ou ne croient pas que la COVID-19 peut les atteindre. Elles ne prennent pas encore ça au sérieux. Ce que les autorités sanitaires nous disent c’est qu’il faut se tenir à 2 mètres (6 pieds) l’un de l’autre. Déjà, certaines épiceries et pharmacies acceptent des commandes par téléphone et offrent une livraison à domicile. C’est un modèle à suivre.

Plusieurs personnes commencent à se dire que c’est maintenant au tour de nos municipalités d’émettre des plans d’urgence. Elles sont les premières responsables de leurs citoyens. On pourrait même dire, les premières répondantes. J’imagine qu’elles sont en train de mettre en place des plans d’urgences municipales afin de coordonner des mesures concrètes pour aider les citoyen(ne)s les plus vulnérables, près de chez nous, dans nos villes, villages et DSL. Des mesures, comme lors de la tempête du verglas, adaptées à la pandémie. Cela pourrait répondre aux besoins élémentaires des plus démunis, en attendant l’aide fédérale ou provinciale, afin que personne ne souffre davantage par manque de nourriture, de médicaments ou de chauffage. Il fait encore froid en mars. Pas facile de survivre lorsqu’on vient subitement de perdre son emploi, son contrat, son travail autonome ou fermer sa petite ou moyenne entreprise, etc.

Nous sommes dans l’urgence. Elles sont certainement bien placées pour mobiliser leur communauté et coordonner les efforts des organismes tels les Chambres de commerce, les Centres de bénévolat, les Clubs d’âge d’or, les Chevaliers de Colomb, les clubs Richelieu, les entreprises, les gens plus fortunés, etc. afin que personne ne manque des premières nécessités. Il me semble qu’on devrait communiquer avec chaque résident(e), comme ça été le cas lors de la crise du verglas dans la Péninsule acadienne, pour vérifier que personne ne soit en détresse de ne pas pouvoir rencontrer leurs besoins essentiels dans l’immédiat.

Plusieurs personnes pensent aussi que les églises devraient prêcher par l’exemple. On sait tous que ce sont les personnes âgées qui sont les plus fervents fidèles aux messes. Aujourd’hui ce sont elles qui sont, d’après les experts médicaux, les plus à risque de mourir de cette maladie. Les églises ne payent pas d’impôt foncier, car leur mission est d’aider leur prochain. On pourrait donc s’attendre qu’elles aident les communautés en accord avec la raison pour laquelle elles ont été exemptées.

Enfin, chacun et chacune d’entre nous devons nous mobiliser pour suivre les consignes des autorités à la lettre, d’abord pour se prémunir, protéger notre famille et toute la communauté. Nous devons demeurer aux aguets des gens plus fragiles autour de nous afin de les soutenir tout en respectant les consignes sanitaires. Bien des personnes vivent seules, cela peut être difficile pour eux présentement d’aller faire l’épicerie ou chercher leurs médicaments à la pharmacie. S’il pouvait juste voir quelqu’un à travers la vitre de la porte, dans ces moments d’isolation, de recevoir un appel pour simplement jaser ou de leur envoyer un message via l’internet, pour ceux qui sont branchés, cela pourrait les soutenir et diminuer leur anxiété.

«Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays» – John F. Kennedy. Alors tout le monde au poste, si chacun fait sa part nous ressortirons de cette guerre plus fort et plus unis que jamais. Peut-être aurons-nous contribué à sauver une vie, la nôtre ou celle d’un de nos êtres chers.

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet