Des perceptions et non des faits

À titre de directrice générale de l’Information de Radio-Canada, je tiens à répondre aux récentes chroniques de Françoise Enguehard publiées le 23 avril et le 30 avril dans l’Acadie Nouvelle.

Ce qu’elle y dénonce est, selon moi, basé sur des perceptions et non des faits, et ne tient compte que d’une infime partie de ce qu’est maintenant le diffuseur public.

Selon Mme Enguehard, le dimanche 19 avril, je la cite, «RDI a passé un bout de la conférence de presse de la GRC et hop! Retour aux effets de la COVID-19… sur le Québec, bien entendu. Entendez-moi bien: je ne dis pas que RDI n’a pas parlé de la tuerie en Nouvelle-Écosse, je dis qu’elle ne l’a pas couverte. Je dis que sur le vif, et après, quand nous avions besoin de comprendre, RDI – pourtant chaîne d’information continue! – était absente.»

Pourtant, dans la journée du dimanche 19 avril, ICI RDI a consacré plus du tiers (33,5%) de sa programmation à l’opération policière et ses suites. Cela représente près de 4 heures et demie de temps d’antenne, entre 6h et 24h (HAE).

Au fil des heures, les interventions en direct de nos journalistes et points de presse se sont succédé, culminant avec une émission spéciale à 17h (rediffusée à 17h30), où nous avons présenté le point de presse de la GRC pendant 23 minutes. Quant au Téléjournal 18h, qui a suivi, il y a consacré 4 minutes (intervention en direct et reportage de Geneviève Normand), soit un peu plus que Le National, à 19h.

Affirmer, comme elle le fait, qu’ICI RDI a «…passé un bout de la conférence de presse de la GRC et hop! Retour aux effets de la COVID-19…» est donc inexact.

La couverture de cette tragédie n’a pas été chose facile, le jour même comme le reste de la semaine. La nature des événements et la confusion qui en a caractérisé les premières heures ont sérieusement compliqué notre travail sur le terrain.

Mais aussi, il faut se rappeler que Radio-Canada n’a pas, en Nouvelle-Écosse, une présence aussi importante que CBC, notre station principale se trouvant à Moncton.

En temps normal, nous aurions dépêché des journalistes et des équipes de production à Halifax pour soutenir nos collègues mais, pandémie oblige, ces renforts auraient été placés en quarantaine pendant 14 jours dès leur arrivée en Nouvelle-Écosse.

Cela dit, il faut saluer le travail accompli par nos équipes en Nouvelle-Écosse et à Moncton dans des conditions pénibles, alors que le territoire à couvrir était grand et l’information difficile à obtenir.

Le lendemain, lundi 20 avril, les suites de cette tragédie ont occupé 39% de la programmation d’ICI RDI, soit plus de 5 heures 07 minutes, entre 6h et 24h (HAE).

De la conférence de presse de la GRC en milieu de journée, à celles des premiers ministres Trudeau, McNeil et Legault, en fin d’après-midi, ICI RDI a tout diffusé ce qui était disponible sur ce sujet, sans oublier l’émission 24-60 qui en a traité pendant plus d’une heure et Le Téléjournal de fin de soirée qui lui a consacré ses dix premières minutes.

Tout au long de la semaine, ICI RDI a diffusé toutes les conférences de presse de la GRC et du premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, même lorsque ce dernier traitait davantage de la COVID-19 que des suites de la tuerie.

Vendredi dernier, le point de presse de la GRC a été présenté en entier (environ une heure) à ICI RDI et, dans une bonne proportion, à ICI TÉLÉ. En soirée vendredi, ICI RDI a présenté, dès 19h (HAA), l’émission spéciale Hommage aux victimes de la Nouvelle-Écosse, d’une durée de 90 minutes.

La perception de notre travail évoquée par Mme Enguehard reflète une préoccupation qui doit nous forcer à la réflexion et nous aider à mieux servir notre public, où qu’il soit au pays. Le service de l’Information de Radio-Canada est à l’écoute, sensible à la critique et fermement engagé à faire preuve de transparence.

Nous vous remercions de votre confiance et de votre fidélité.

Luce Julien
Directrice générale de l’Information
Services français, Radio-Canada