Ici Radio-Montréal

Dans l’Acadie Nouvelle du 6 mai dernier, la grande patronne de l’information à Radio-Canada, Luce Julien, accusait Françoise Enguehard de ne pas s’appuyer sur des faits pour affirmer que l’espace réservé aux régions était très limité à RDI. Elle donnait toutes sortes de statistiques pour défendre sa position. Or, tout le monde sait qu’on peut faire dire aux statistiques ce qu’on veut, pourvu qu’on choisisse celles qui justifient notre position sans tenir compte de l’ensemble de la situation.

Ainsi, la grande patronne prouvait encore une fois qu’à Montréal, toutes les raisons sont bonnes pour se regarder le nombril en long et en large, en haut et en bas, devant toutes les caméras qu’on peut trouver sans en éprouver la moindre gêne.

Quand on se prend pour le nombril du Canada français, on a vite fait de balayer du revers de la main le mandat pancanadien de la Société qui nous paie. Et nous, pauvres francophones insignifiants hors Québec, il ne nous reste plus qu’à prendre notre trou en nous contentant de subventionner la SRC à grands coups d’impôts, sans obtenir le service auquel nous avons droit.

Pour savoir ce qui se passe dans les autres provinces, nous n’avons d’autre choix que de nous tourner vers le réseau anglais de CBC. Radio-Canada participe ainsi à notre assimilation en nous «informant» que nous n’existons pas. Entre Denise Bombardier et Luce Julien, c’est la même attitude méprisante.

Quand la haute direction de Radio-Canada persiste et signe dans son aveuglement volontaire, nous sommes d’accord avec Françoise Enguehard: il ne reste plus qu’à demander au CRTC de décentraliser les pouvoirs de la SRC afin de s’assurer que les régions occupent la place qui leur revient dans l’ensemble de la programmation.

Pour que ça change, c’est ce que la SNA et la SANB devraient recommander au CRTC.

Bernadette Landry
Dieppe