Le coût de la gestion

La gouvernance la plus près des citoyens est la gouvernance municipale. Le problème que je vois avec la décision du gouvernement fédéral de remettre plus que 20% du programme d’infrastructure au gouvernement provincial est très simple. Ceci va perpétuer le manque d’action et un déséquilibre fiscal de plus de 45 ans au Nouveau-Brunswick, qui permet aux districts de services locaux (DSL) et tout autre territoire où il n’y a aucune forme de gouvernance locale de ne pas payer leur juste part de taxe, grâce aux cadeaux fiscaux que la province leur donne depuis des décennies en payant pour des travaux pour lesquels les résidents de ces territoires devraient payer. La gestion des actifs a été négligée depuis trop longtemps par la province (bleu ou rouge), et ces régions ne payent pas le montant de taxe qu’ils devraient pour ces travaux. Ce n’est pas un problème de conservateurs ou de libéraux, c’est un manque à gagner ou un gouffre fiscal qui a toujours été négligé.

Les DSL et toute autre forme de gouvernance locale qui sont la responsabilité directe du ministère des Gouvernements locaux ont des taux de taxation ridicule variant de 0,22$ à 1,22$ avec des évaluations totalisant plusieurs milliards de dollars et pour cela ils s’attendent d’avoir les mêmes services que les municipalités qui payent de 1,25$ à 1,80$ pour chaque tranche de 100$ d’évaluation. Dans diverses études, il a été démontré que la province pourrait facilement engranger plus de 100 millions $.

L’urbanisation de notre province – qui prend place depuis les 45 dernières années – n’est pas un phénomène récent, mais nous accusons tout de même un grand retard, nous ne pouvons pas ignorer cette réalité.

J’ai appris très jeune que dans la vie, tu as ce que tu mérites pour ton travail et tu payes pour ce que tu veux. Alors je pose la question: quel est le coût de la gestion des actifs qui ont été négligés au cours des années par la province et que devrait être le taux de taxe correctionnelle pour que l’on se rattrape au cours de la prochaine décennie?

Yvon Lapierre
Dieppe