Après COVID-19: la province doit investir dans la recherche et la formation

Pendant qu’au Nouveau-Brunswick s’enclenche un lent et progressif retour vers la reprise des activités, le monde entier amorce une réflexion sur les actions à poser pour l’après COVID-19. Bien qu’il soit impossible de prédire ce à quoi ressemblera le monde post crise pandémique, nous pouvons affirmer que ce sont les sociétés qui investiront suffisamment dans la recherche et la formation qui seront les plus avantagées.

Faire le contraire serait un acte d’abandon de la jeunesse néo-brunswickoise et, par le fait même, de notre avenir collectif. Tous les secteurs d’activités tels que la santé, l’alimentation, l’environnement, les arts et la culture, le tourisme, la production de biens et services et bien d’autres seront appelés à se transformer à la vitesse grand V. Nous devons planifier et pour ce faire, nous avons besoin de réponses et de savoir-faire.

L’arrivée de la COVID-19 agit comme un réveille-matin. Force est d’admettre que peu d’États étaient bien préparés. Certains diront même que ce virus était imprévisible. Ce n’est pas sûr. Les pandémies ne sont pas des phénomènes nouveaux. Que devons-nous retenir de cette tragique expérience? Quelles actions devrions-nous poser dès maintenant pour mieux nous préparer?

Les institutions d’enseignement postsecondaire, comme l’Université de Moncton, ont un rôle de premier plan à jouer pour former la génération future de travailleurs et de citoyens et leur permettre de s’adapter encore mieux à notre monde appelé à changer. Mais soyons réaliste, la formation postsecondaire d’ailleurs au Canada et à l’international sont plus que jamais à la portée d’un simple «clic». Cependant, aucune d’entre elles ne peut contribuer à l’épanouissement et ne peut mieux saisir les besoins de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick aussi bien que l’Université de Moncton.
L’une des plus grandes forces de l’Université de Moncton est sa proximité avec les communautés néo-brunswickoises dans lesquelles elle est fièrement enracinée. La formation offerte par les professeures et les professeurs de l’Université de Moncton est un modèle sur mesure pour nous et aucune autre université ne peut le faire aussi bien. Les chercheures et les chercheurs de l’Université de Moncton génèrent des savoirs essentiels pour guider les décideurs d’aujourd’hui et ceux de demain pour résoudre des situations comme celle qui nous interpelle actuellement.

La recherche et la formation de notre université contribuent significativement au succès socioéconomique, culturel et politique de la province et améliorent considérablement notre qualité de vie. Réduire la qualité de la formation et rompre avec ses responsabilités en recherche, c’est priver notre province d’un meilleur avenir.

Cette expérience pandémique nous amène aussi sur une base individuelle et collective à repenser nos modes de vie. Ce sont nos sociologues, nos philosophes, nos géographes, nos politologues, nos économistes et tous nos autres experts en sciences sociales qui nous aideront à trouver des solutions éprouvées et durables. Ce sont eux qui nous proposeront une meilleure compréhension des phénomènes sociaux et des possibilités qui s’offrent à nous, dans toutes les sphères de la société. Ce sont nos physiciens, nos chimistes, nos biologistes et tous nos experts en sciences de la nature qui pourront également contribuer à une meilleure compréhension du monde naturel qui nous entoure et suggérer des pistes d’actions alternatives ou complémentaires.

Dans les prochains mois, le premier ministre Blaine Higgs devra faire des choix difficiles dans un contexte où une infime marge d’erreur peut nous coûter cher à court, moyen ou long terme. Les provinces du Canada qui s’en sortiront le mieux seront celles qui investiront dans leurs universités à la hauteur de l’énorme et indispensable potentiel qu’elles ont à offrir passer à travers des crises de qui entrainent des conséquences de l’envergure de la COVID-19.
Peu importe comment le Nouveau-Brunswick et le monde se sortiront de la pandémie et de ses conséquences, l’ABPPUM estime que ses membres bibliothécaires et professeurs ont un rôle stratégique et essentiel pour contrer les futures pandémies et pour assurer le développement et le succès de notre province.

Pour cela, il faut que le financement des universités publiques soit augmenté afin de leur permettre de continuer à bien remplir cette mission vitale pour notre population. Il ne faut pas négliger l’aide financière substantielle qui doit être offerte à notre jeunesse néo-brunswickoise afin qu’ils n’hésitent pas à choisir une formation qui leur permettra de créer un monde durable, rempli d’espoir et de rêves à réaliser, bâti par et pour le Nouveau-Brunswick.

Les défis qui se dressent devant nous ne sont pas insurmontables. Heureusement, à travers notre histoire, nous avons réussi plus d’une fois à nous adapter à de nouvelles réalités. Nous sommes un exemple de force, de créativité, de résilience et nous avons des compétences uniques à offrir au monde entier.

Avec les milliards de dollars qui seront investis pour relancer l’économie, agissons de manière cohérente. Investissons dans ce que nous savons être porteurs d’une meilleure santé sociale, psychologique, environnementale, spirituelle et économique.

Pour mieux faire face aux effets néfastes d’une crise d’envergure planétaire, au présent et à l’avenir, l’éducation postsecondaire doit être une priorité budgétaire pour le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Plus que jamais, le corps professoral de l’Université de Moncton est à la disposition de sa communauté.

Mathieu Lang, PH. D
Président de l’Association des bibliothécaires, des professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM)