Le Nouveau-Brunswick cassé en deux

Monsieur et Madame du conseil de Ville de Caraquet, nous sommes l’hébergement commercial de Caraquet.

C’est la première fois que nous ne voyons pas la possibilité de passer au-delà d’une impasse. Cette problématique n’a rien à voir avec notre gestion d’entreprise. Nous sommes obligés de réduire nos activités et de gérer nos annulations en raison de la COVID-19.

Le secteur du tourisme a été l’un des secteurs le plus durement touchés au cours de cette crise. Les gouvernements fédéral et provincial ne nous offrent aucune aide non remboursable sous forme de subventions pour nous aider à payer nos frais de fonctionnement fixes. Tout ce qui est proposé, ce sont des prêts remboursables. Ce n’est pas une solution et cela ne fera qu’exacerber nos tensions financières à l’avenir.

La subvention salariale de 75% n’a de sens que si une entreprise a des revenus à recruter et à payer les 25% restants. Pour la plupart des cas, il est peu probable qu’on est la chance de continuer à offrir du travail encore longtemps.

Toutes les entreprises touristiques du Nouveau-Brunswick sont saisonnières. Les revenus saisonniers doivent couvrir tous les coûts d’exploitation de toute l’année. Même ouverts toute l’année, les revenus de novembre à juin sont si faibles que souvent ils ne couvrent pas les frais d’exploitation. Nous comptons uniquement sur une saison de 12 semaines pour payer nos frais d’exploitation pour l’année.

Nous avons 80% de notre courte saison touristique 2020 qui annule de mois en mois. Nous avons très peu de revenus pour payer des coûts fixes comme les taxes foncières ou taxes d’eau et d’égouts.

Le premier ministre de cette province a ordonné la fermeture des frontières et il devait le faire, mais les conséquences sont et seront dévastatrices sur le volume d’affaires. Nos revenus d’affaires proviennent de voyageurs à l’extérieur de cette province et à l’extérieur du Canada.

Tant que les frontières restent fermées est-ce que le peu de clients que nous avons va nous permettre de survivre?

Même lorsque les frontières rouvriront leurs portes, il est peu probable que çà redeviennent «comme d’habitude». Il faudra plusieurs années pour se remettre de cette crise. Par conséquent, nous demandons au ministère des Finances d’envisager un congé de nos impôts fonciers pour cette année et pas seulement un allégement des pénalités. La réalité est que nous ne pouvons pas exploiter nos entreprises comme d’habitude, de sorte que la taxe foncière doit être ajustée. Ce n’est que logique. Plusieurs provinces ont déjà emboîté le pas. La même chose s’applique pour les taxes d’eau et d’égouts.

Certains hébertistes ont déjà fait des démarches auprès du directeur général de la Ville, Marc Duguay, qui a répondu dans la négative prétextant que ceci est un service essentiel, et nous en convenons. Par contre, nous comprenons tous que c’est l’essentiel qui s’exprime actuellement.

Nous comprenons que la Ville ne peut – peut-être – pas accorder un congé de taxes systématiques dans ce contexte, mais on peut faire preuve d’originalité. Cette subvention pourrait provenir des économies de subventions non accordées, cette année, aux festivals qui n’auront pas lieu.

Nous pensons à une subvention à ces mêmes hébergements d’une valeur égale à leur compte d’eau et d’égout, au même titre que l’on aide certains festivals en difficulté certaines années.

Notre survie, comme celle de beaucoup d’autres petites entreprises au Nouveau-Brunswick, dépend du niveau de flexibilité et de coopération que vous êtes prêts à nous offrir. La survie de notre vitalité collective en dépend.

Ceci n’est pas une crise de notre création. Nous avons besoin que la province et la Ville soutiennent les entreprises qui, elles, soutiennent la vitalité de notre ville depuis toutes ces années.

Nous espérons que notre conseil de ville nous aidera avec une subvention égale aux coûts des taxes que nous ne pouvons payer.

Sylvie Basque, gérante du Super 8
Pierrette Haché, Manoir Marie
Annette Le Bouthillier, Auberge de La Baie
Alie Le Bouthillier, Auberge de La Baie
Karen Mensereau, Hôtel Paulin
Gérard Paulin, Hôtel Paulin de Caraquet
Mai Tran, Motel Bel Air de Caraquet
Diane Landry, Complexe d’hébergement La Maison Touristique Dugas
Guy Beaucage, Complexe d’hébergement La Maison Touristique Dugas
Yzabo B. Landry, Complexe d’hébergement La Maison Touristique Dugas
Tessa B Landry, Complexe d’hébergement La Maison Touristique Dugas