Doit-on avoir peur pour l’avenir de notre homard géant?

M. le maire de Shediac, Roger Caissie, la décision hâtive du conseil d’enlever sa notable fontaine et ses célébrés marsouins du parc Pascal-Poirier sera désormais inscrite comme une malheureuse tache noire à l’histoire de la Ville de Shediac.

En effet, ce projet rassembleur du centenaire de la ville, réalisé par le conseil du temps, a été, pour plusieurs citoyens, la touche proéminente des célébrations du centenaire.

Après maintes consultations auprès de ses citoyens, ce projet collectif a été planifié, conçu, et réalisé pour marquer de manière permanente ce centenaire.

D’ailleurs, comme vous le savez, plusieurs citoyens ont choisi de contribuer financièrement au projet de centenaire en achetant une brique inscrite de leur nom pour le contour de la fontaine.

Cette magnifique fontaine, avec ses sculptures artistiques de marsouins marbrés, marquait fièrement ce parc municipal. Son installation en plein centre du parc lui donnait une allure de permanence.

Qui aurait osé imaginer que moins de 17 ans plus tard, un nouveau conseil municipal aurait, du revers de la main, délogé ce projet centenaire, sans inquiétude de répercussions?

Votre déclaration dans les journaux, M. le maire, que ce fut «une agonisante décision» ne tient pas fort en conviction. Que des infrastructures nécessitent de l’entretien, et oui parfois à des coûts plus élevés qu’on estimait, n’est pas chose nouvelle et toutes les municipalités vivent pareilles expériences. On ne démolit pas une clôture décorative pour éviter d’avoir à la peinturer. Qui plus est, combien de citoyens et de contribuables avez-vous offusqués en leur disant tout bonnement qu’ils pouvaient réclamer leur brique gravée pour l’apporter chez eux?

Outrés par cette impulsion de minimiser à tout prix les dépenses, les résidents doivent-ils alors craindre pour l’avenir de leur illustre «homard géant»?

Après tout, la carapace de ce héros local doit être redorée sur une base quinquennale et ça aussi, ça coûte des sous. Allez-vous le laisser se délabrer pour après dire aux résidents que son coût de maintenance dépassait vos attentes et vos projections budgétaires?

En tant que comptable, je suis bien sûr d’accord que les élus doivent agir en respectant les budgets, mais sachez que la qualité de vie pour les citoyens de Shediac ne dépend pas seulement des trottoirs aménagés. Les structures historiques, les sentiers nature, l’art et la culture sous toutes ses formes sont tous aussi importants au bien-être de la communauté.

Aussi, ce sont toutes des choses qui attirent des résidents et des touristes chez nous, ce qui, bien sûr, augmente les revenus de la ville.

Prière de bien vous en rappeler avant de démolir d’autres infrastructures valorisées par ses citoyens.

Camille Belliveau
Maire de Shediac 2001-2004
Dieppe