Quand la police protège la police

L’Acadie Nouvelle nous apprenait cette semaine qu’aucune des 117 enquêtes effectuées par le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec n’avait menée à des accusations contre les policiers en cause.

Qui serait assez naïf pour croire que justice a été rendue dans tous ces cas?

Tout le monde le sait: la police protège la police, comme l’Église protège les prêtres pédophiles. Évidemment, tous les policiers ne sont pas des criminels, pas plus que tous les curés sont des pédophiles. Mais dans les deux cas, c’est la même loi du silence qui règne, et tant pis pour les victimes.

Les deux autochtones qui ont dernièrement été tués par des policiers n’obtiendront pas justice du Bureau des enquêtes indépendantes du Québec parce que, entre autres, la moitié de ces enquêteurs sont d’anciens policiers. Les autres organismes canadiens supposément chargés d’enquêter sur des incidents impliquant la police ne sont pas plus objectifs dans leurs enquêtes que le BEI du Québec.

Pourtant, les «bavures» de la police ne manquent pas. Trop souvent, au lieu d’essayer de désamorcer une crise et de prévenir qu’elle ne s’aggrave, les «agents de la paix» jouent à la loi du plus fort. Ils n’hésitent pas à appuyer sur la gâchette. En plus des deux autochtones tués par la police dernièrement, le cas de Michel Vienneau est un autre exemple de «bavures» qui resteront impunies.

Tant et aussi longtemps que les policiers qui abusent de leur pouvoir ne seront pas pénalisés en conséquence, rien ne va changer. Pour que ça change, il faudrait qu’à l’échelle du pays, on comprenne une fois pour toutes l’importance de mettre sur pieds des organismes d’enquête vraiment indépendants de la police en cas d’incident grave impliquant des policiers. La majorité des membres de ces organismes devraient être non pas des anciens policiers, mais des représentants de leurs victimes potentielles. Cette responsabilité appartient au gouvernement fédéral.

Bernadette Landry
Dieppe