Investissons dans une relance verte

Samedi dernier, des mères de la Péninsule acadienne se sont réunies pour une Veillée lumineuse pour la suite du monde. Initiées par le mouvement Mères au front, des veillées semblables ont eu lieu dans de nombreuses autres villes au Québec et au Canada. Nous sommes très fières que la Péninsule acadienne ait été de ce nombre.

Nous nous sommes réunies, mères et grand-mères, par le sang et autrement. Nous nous levons pour protéger nos enfants. Nos enfants qui ne veulent plus faire d’enfants. Nos enfants qui appellent à l’aide. Nos enfants, volcans de promesses, que nous avons invités dans cette vie.

En leur parlant de beauté, de douceur, de vertige. De possibles. Nous nous levons pour eux et grâce à eux. Nous sommes celles qui mettent au monde. Celles qui nourrissent et celles qui soignent. Nous sommes fières, aimantes et décidées. Nous exigeons des gestes forts et immédiats.

De la droiture et du courage politique. Nous sommes de partout. Nous sommes innombrables. D’un océan à l’autre et bien au-delà.

Nous sommes mère loup, mère caribou, mère bernache et mère carcajou. Nous sommes la mère béluga qui meurt en mettant bas et la mère kangourou qui fuit le brasier. Nous sommes toutes les mères, réunies pour créer du sens ensemble, avec toute la puissance dont sont capables les femmes quand il s’agit du bien-être des enfants.

C’est à cette puissance collective que nous faisons appel pour demander des actions concrètes qui protégeront l’avenir de nos enfants et la vie sur terre. Cela est d’autant plus pertinent quand on sait que la COVID-19 est l’une des manifestations de la destruction des écosystèmes. Tout est lié: santé et environnement, sécurité et résilience, protection et solidarité.

Or, s’il y a une chose positive que cette pandémie mondiale nous a révélée, c’est la capacité renouvelée de nos gouvernements – municipaux, provincial et fédéral – d’agir de façon rapide et décisive pour le bien commun. C’est la vitesse avec laquelle ils ont pris les décisions qui s’imposaient pour protéger leurs citoyennes et leurs citoyens. Ça prouve que, malgré la mondialisation, malgré les puissants lobbys économiques qui influencent le programme politique, malgré le spectre des déficits, nos gouvernements ont la marge de manœuvre pour nous protéger et orienter l’avenir. Nous nous en réjouissons et nous misons sur cette capacité pour la suite du monde.

Nous reconnaissons que nos élu.e.s ont la tâche fort difficile de concilier les impératifs de plus en plus urgents de la protection de l’environnement et de la santé des citoyennes et des citoyens à ceux d’une relance économique capable d’assurer leur bien-être.

Avec l’amour comme combustible et mues par l’appel profond de l’instinct maternel, nous voulons nous assurer que l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants ne soit pas sacrifié sur l’autel du développement économique à n’importe quel prix.

C’est pourquoi nous demandons à nos élus de considérer les questions suivantes avant de prendre des décisions ou de donner leur aval à des projets.
Premièrement, cela nous permet-il d’honorer les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de notre ville, de notre province et de notre pays?

Ensuite, est-ce que la qualité de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, de la mer dont nous dépendons et du sol qui nous nourrit est protégée? Cela contribue-t-il à créer des emplois durables et respectueux de l’environnement?

Enfin, cela permet-il de protéger l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants?

Ces questions sont simples. Les réponses le sont aussi: c’est OUI ou c’est NON. Et quand c’est non, il faut alors imaginer d’autres façons… un point c’est tout.
Contrairement aux autres veillées ailleurs au pays, nous nous sommes vêtues de blanc plutôt que de noir.

Blanc parce que nous avons espoir. C’est le message que nous avons voulu passer.

Il n’y a pas de plus grande puissance que celle d’un groupe de femmes réunies et branchées toutes ensemble sur l’avenir des enfants.

Nous voulons que cette puissance nourrisse le pouvoir de nos élus, qu’elle les accompagne pour qu’ils aient le courage, la sagesse et la persévérance de prendre les décisions du OUI, celles qui assureront l’avenir de nos enfants.

Et au cas où les forces du NON – fidèles à leurs natures profondes – voudraient prendre le dessus, nous demandons au gouvernement fédéral, à l’instar du mouvement Mères au Front, d’adopter une loi sur le climat qui oblige le Canada à atteindre les cibles fixées par la science (assortie de règles de reddition de compte, de transparence et d’imputabilité), d’établir un plan d’action cohérent qui permette l’atteinte des cibles enchâssées dans la loi sur le climat et finalement, de mettre en place des mesures d’adaptation et de résilience pour protéger nos enfants des impacts des changements climatiques inévitables.

Le mouvement Mères au Front contribuera-t-il à influencer les décideurs à investir dans une relance verte?

C’est ce que l’on essaie de faire avec cœur et rigueur! L’avenir nous dira si nous y parviendrons. Ce qui est certain est que si l’on ne fait rien, la bataille est déjà perdue. Les luttes qui se gagnent sont celles que l’on n’abandonne pas.

Merci à vous de ne pas abandonner! Imaginons la Péninsule acadienne autrement n’abandonnera pas!

Nancy Juneau
Coprésidente, Imaginons la Péninsule acadienne autrement
Caraquet