Toute la population aurait tiré profit du projet de loi sur la vaccination

Le projet de loi 11 sur la vaccination obligatoire des élèves a été défait, la semaine passée à l’Assemblée législative. Il visait à empêcher les parents néo-brunswickois d’obtenir une exemption non médicale pour leurs enfants.

Personnellement, j’étais plutôt favorable à ce projet de loi. J’avais cependant des réserves quant à l’utilisation de la clause dérogatoire (qui a été retirée avant le vote final sur le projet de loi).

Une des raisons de refus de vaccin est pour ses croyances. Je suis très en faveur de la liberté de croyance et de la liberté de religion, mais je n’arrive pas à saisir quelle religion est contre les vaccins. Est-ce écrit dans la Bible? Dans le Coran? Dans l’évangile du Pastafarisme? Je l’ignore.

Concernant les croyances, je ne connais pas de croyance basée sur la science qui permet de justifier le refus de se faire vacciner autre que des raisons médicales. Afin de vivre dans un monde meilleur, je crois que nos croyances devraient se conformer à la compréhension scientifique actuelle. On ne devrait pas distorsionner l’expertise scientifique pour l’adapter à nos croyances.

Les croyances, la religion et la science ne sont pas nécessairement en conflit les unes avec les autres. Le vrai problème réside plutôt dans la désinformation et l’ignorance. L’ignorance de l’efficacité des vaccins et de tous leurs avantages. Je vous conseille d’aller chercher les informations auprès de personnes qui ont au minimum un diplôme universitaire dans le domaine et qui font de la formation continue. Les réseaux sociaux, on oublie ça!

Plusieurs personnes apportent aussi l’argument: «mon corps, mon choix». Toutefois, ce n’est pas le cas. C’est plutôt : «ton choix, notre santé». La vaccination protège la personne qui reçoit le vaccin, mais aussi les autres et particulièrement les nouveau-nés, les personnes âgées, les patients avec des maladies chroniques et ceux qui ont un système immunitaire diminué.

Bref, ce n’est pas seulement le malade non vacciné qui en paye le prix, mais aussi son entourage et possiblement le nôtre. Ce projet de loi, s’il avait été adopté, n’aurait pas avantagé un groupe en particulier. Toute la population en aurait tiré profit.

Il est primordial d’avoir une immunisation de masse afin que le vaccin soit vraiment efficace. Il doit y avoir un minimum de pourcentage de la population qui est vacciné si on veut atteindre cette immunisation de masse. Par exemple, pour une maladie très contagieuse comme la rougeole, le minimum est entre 92 et 95%.

Là où j’hésite, c’est lorsque je me pose la question suivante; est-il raisonnable de porter atteinte l’intégrité physique d’individus à quelques répétitions si cela permet de conserver l’intégrité physique au long terme de la population, incluant les personnes dont on a brimé l’intégrité physique?

En d’autres mots, on protège ceux qui sont d’accord et ceux qui sont en désaccord. Je n’ai pas de réponse claire, mais je me questionne à ce sujet.

Je trouve excellent que l’on ait cherché à améliorer l’état de santé de la population par la vaccination. Sans la vaccination, les conséquences individuelles et collectives sont plus désastreuses que les effets secondaires sur une personne.

Ce qui me dérange, c’est le précédent que l’on aurait créé avec le projet de loi 11. S’il avait été adopté, est-ce que la population aurait été encline à l’avenir à accepter d’autres lois qui portent atteinte à l’intégrité physique? Ça aussi, je l’ignore et peu de gens peuvent réellement répondre à cette question.

En France, les élèves doivent avoir reçu 11 vaccins obligatoires pour entrer à l’école. Au Québec, selon la loi, quelqu’un qui souffre de la tuberculose doit absolument être traité afin d’empêcher la propagation de la maladie. Nos députés devraient s’informer sur les avantages et les désavantages de ces lois auprès des experts.

Finalement, je suis enclin à dire que je suis en faveur d’initiatives telles que le projet de loi 11. J’espère que j’ai convaincu plusieurs personnes de se faire vacciner.

Guy Haché B.Sc.(médecine), M.Sc.A., ing.

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