Louis J. Robichaud, le petit Moïse du peuple acadien!

L’Acadie Nouvelle mérite des hommages et des remerciements. Grâce à l’excellente rédaction de Marc Poirier, le 11 juillet dernier, elle a brillamment rappelé à ses nombreux lecteurs et lectrices l’ascension historique et la carrière fulgurante du premier Acadien à être élu au poste de premier ministre de notre province.

En 1960, personne ne croyait qu’il était possible de vaincre le premier ministre de l’époque, Hugh John Flemming, qui tentait alors de remporter un troisième mandat consécutif. Le petit Louis le vainquit donc en 1960 et les deux autres élections générales en 1963 et 1970. Pour lui et pour nous, ce fut une décennie glorieuse et inoubliable.

À l’instar de Moïse qui a libéré le peuple hébreu de l’esclavage, ce grand Acadien l’est tout autant pour notre peuple. Sous sa bienveillante direction, l’univers éducatif en particulier, s’est modernisé. Par exemple, le salaire du personnel enseignant a considérablement augmenté. Autrefois, un enseignant exerçant sa profession dans un comté pauvre comme celui de Kent ou celui du Restigouche, pouvait toucher par année jusqu’à 2000$ de moins en comparaison d’un autre enseignant avec les mêmes qualifications et le même nombre d’années d’expérience si ce dernier travaillait dans un district financièrement fortuné.

En raison d’un haut degré de justice sociale qui l’habitait, Louis J. Robichaud a donc permis que les salaires du personnel enseignant soient les mêmes partout dans la province si les diplômes, les expériences et les responsabilités étaient équivalents. Sans cette réalisation, les régions pauvres, comme autrefois, continueraient à perdre leurs Sidney Crosby et leurs Maurice Richard. Nos jeunes jouiraient encore d’une qualité moins grande parce que les meilleurs professionnels seraient absents des milieux francophones.

Sur un autre sujet. Au niveau provincial, la qualité des écoles d’un milieu à l’autre variait comme le jour et la nuit. Deux univers complètement distincts. Dans certaines régions, on y trouvait de grands gymnases modernes, des terrains de jeux développés et des bibliothèques hautement garnies. Est-ce que vous comprenez pourquoi il existe encore un plus haut taux d’analphabètes dans certaines parties de notre province?

Autrefois encore, au niveau des études postsecondaires, si les jeunes voulaient embrasser une carrière en éducation, l’école normale de Fredericton était le lieu désigné et non l’Université de Moncton. Si d’autres jeunes voulaient pratiquer la carrière en droit, ils devaient aussi fréquenter UNB et non notre belle, grande et noble Université de Moncton. Et quoi encore? Les collèges communautaires offraient en anglais la formation et nos jeunes s’y assimilaient.

Oui, notre ancien premier ministre a été le Moïse et le Martin Luther King acadien.

Alcide F. LeBlanc
Moncton