Arrêter l’euthanasie de nos services financiers chez UNI

L’annonce de fermeture prématurée et sans consultation des membres du point de service d’UNI à Grande-Anse, notre caisse qui en est à sa 83e année d’existence, est une atteinte à nos droits fondamentaux comme membre, un vol des services essentiels pour lesquels nous avons adhéré et avons été fidèles pendant ces nombreuses années.

Les fondateurs des caisses populaires ont travaillé corps et âme pour doter nos communautés d’une institution qui allait répondre à un urgent besoin, durant la crise, celui d’obtenir des services nous permettant d’épargner et d’obtenir du crédit chez nous, et ce, dans notre langue. Ils étaient des visionnaires dont la priorité était d’aider les membres tout en se dotant d’un moteur économique essentiel à notre développement. Une institution qui serait et a été administrée par un conseil d’administration élu par les membres ayant un mot à dire dans la gestion de cette institution.

Mon grand-père, Wilfred Haché, président fondateur de la caisse de Grande-Anse, comme ces nombreux autres présidents fondateurs, aujourd’hui décédés, ont dû se retourner plusieurs fois dans leur tombe à l’annonce surprise de fermer les points de service d’UNI à Grande-Anse, Bas-Caraquet, Saint-Basile, Saint-Jacques et bien d’autres sous prétexte d’un manque d’achalandage.

Le manque d’achalandage à la succursale de Grande-Anse, comme ailleurs, a été créé par le siège social d’UNI, en nous dépouillant – pour ne pas dire en nous volant – nos services pour les apporter à Caraquet, et ce, sans consultation des membres. Depuis un certain temps, il n’était plus possible d’ouvrir de comptes à Grande-Anse, ni faire de prêts hypothécaires, de prêts personnels, d’épargner, de faire des placements, etc., car tout a été apporté à Caraquet, et ce, sans consultation. On dirait une dictature! On est dans les statistiques de Caraquet pour l’achalandage. Par la suite, UNI a le culot de venir nous faire croire que l’on ferme notre point de service en raison d’un manque d’achalandage orchestré par le siège social.

On est à l’ère des nouvelles technologies et on est rendu là. Malheureusement, ce n’est pas tous les clients-membres qui sont en mesure d’utiliser cette façon de faire pour leurs transactions financières. UNI a mis en place un centre d’appel afin d’offrir de l’aide aux personnes qui ne sont pas en mesure d’utiliser les nouvelles technologies pour effectuer leurs transactions financières. UNI veut que ce type de membre-client confie à un employé d’UNI au téléphone, une personne qu’on ne connaît pas, de faire ses transactions pour elle. Incroyable. Pas possible et pas sérieux. Moi je n’adhère pas à une telle formule pour mes transactions financières, une formule qui ne peut qu’ouvrir toute grande la porte à la fraude.

En 2010, la Fédération des caisses populaires acadiennes sous charte provinciale avait 78 points de service. Dix ans plus tard, en 2020, avec UNI Coopération financière, sous charte fédérale, il y a deux fois moins de points de service puisqu’on en compte que 35. Il est temps que les membres se lèvent debout, se tiennent et exigent d’UNI d’arrêter l’euthanasie de nos services financiers, de nos caisses, de nos points de service, sinon on régresse et on nous ramène en 1937, 83 ans en arrière.
Si UNI a le souci de protéger les personnes vulnérables, les personnes âgées, en réduisant leurs déplacements, vous avez toute l’occasion de le faire en ouvrant la caisse de Grande-Anse, votre point de service, avec tous les services. Ceci évitera à cette clientèle vulnérable d’avoir à se déplacer pour obtenir du crédit et épargner. Ce serait aussi une preuve tangible de votre considération et respect à l’endroit de ces membres-clients, ces bâtisseurs d’hier qui n’ont pas ménagé temps, énergie et travail pour construire nos communautés.
Récemment, UNI a changé notre guichet pour supposément un plus moderne, un guichet pour uniquement des retraits. Plus possible de faire des dépôts. De plus, ce guichet ne fonctionne à peu près pas ou la moitié du temps, soit par manque d’argent ou par bris. Les membres doivent se déplacer à Caraquet, Paquetville ou même à Bathurst pour le service d’un guichet opérationnel permettant de faire des retraits ou dépôts comme pour les autres services. J’ai dû me rendre au point de service de Caraquet à trois reprises pour faire un dépôt sans succès en raison de la grande file d’attente à l’extérieur. Inacceptable que les clients-membres augmentent leurs dépenses pour faire leurs transactions financières tandis qu’UNI cherche à diminuer ses dépenses et augmentent ses profits au détriment des membres de nos régions. Il est plus que temps qu’UNI nous redonne à Grande-Anse un guichet qui fonctionne autant pour les dépôts que les retraits ainsi qu’un point de service comprenant tous les services.

Aux autres points de service toujours opérationnels, demeurez aux aguets, vous êtes peut-être sous respirateur et sûrement les prochains sur la liste de fermeture. C’est peut-être le temps pour vous autres d’y voir avant qu’il soit trop tard.

En conclusion, UNI doit ouvrir et maintenir nos services au point de service à Grande-Anse de sorte à nous permettre de transiger chez nous sans devoir courir ailleurs pour le faire, de la même manière que nous veillons au maintien de notre hôpital, l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet.

Thérèse Haché
Grande-Anse