C.A. de Vitalité: les membres élus ne sont pas des maillons faibles

Norma McGraw
Petit-Tracadie

Les membres élus des conseils d’administration des Régies de la santé ne sont pas les maillons faibles du système de santé au Nouveau-Brunswick.

Je suis heureuse et surprise de constater que Gilles Lanteigne divulgue publiquement un des items de la résolution en bloc, qui fut présentée aux membres du conseil d’administration lors de la réunion à huis clos de décembre 2019. M. Lanteigne, dans l’article de l’Acadie Nouvelle du 17 juillet 2020, avoue publiquement son souhait de changer l’attribution des membres du conseil en éliminant les membres élus du public.

Cette résolution en bloc, proposée par la présidente du conseil d’administration, contenait plusieurs items et fut très contestée par les membres lors de cette réunion et notre suggestion de reporter le vote a été refusée.

La Loi sur les régies régionales de la santé stipule que huit membres ayant droit de vote doivent être élus par la population afin d’assurer plus de responsabilisation et de transparence dans la gestion. Il est très étonnant que la présidente du conseil d’administration propose qu’un amendement à la loi soit approuvé par les membres du conseil qui, selon moi, n’ont aucune juridiction en la matière.

D’autre part, une telle proposition aurait dû être étudiée par le comité de gouvernance pour qu’une proposition soit ensuite soumise aux membres du conseil d’administration. Alors comment se fait-il qu’une telle résolution a été présentée au conseil par la présidente et non par le comité de gouvernance?

Ailleurs au Canada, et selon les normes sur la santé d’Agrément Canada, le directeur général et la présidence du conseil sont nommés par les membres du conseil d’administration et non par le gouvernement.

J’ai ressorti le document du gouvernement sur les élections versus la nomination des membres des régies de la santé et ce document énumère les raisons pour lesquels le gouvernement a permis l’élection de certains membres du conseil, dont:

  • Assurer plus de responsabilisation et de transparence;
  • Renforcer la représentativité régionale;
  • Favoriser la mise en place d’un système intégré et efficace et administré au profit de toute la population du N.B.;
  • Offrir aux collectivités l’occasion de participer à la gestion des soins de santé et doit s’assurer que leurs représentants sont actifs, informés et qualifiés pour s’acquitter de leurs fonctions à titre de membre du conseil.

À mon avis, notre système n’est possiblement pas parfait, mais il a l’avantage de mettre au premier plan la démocratie participative. Ce système d’élection est basé en partie sur notre système municipal, provincial et fédéral. C’est à partir d’élection que la population utilise son jugement et qu’elle vote pour les personnes qui sont plus aptes à les représenter.

Nous avons le meilleur des deux mondes, car s’il manque des compétences recherchées, le ministre nomme les autres membres qui peuvent combler ce manque. De plus, la régie a mis en place des mécanismes utilisés dans les meilleures pratiques pour améliorer les compétences de ces membres. Rien n’empêche le conseil d’avoir recours à une expertise spécifique d’appoint lors de débats exigeant une expertise spécifique en temps opportun.

Je crois que le système de soins est déjà suffisamment politisé et d’enlever les membres élus diminue l’engagement citoyen envers leur système de la santé. On veut responsabiliser les gens face à leur santé alors laissons leur le droit de vote.

À mon avis , les membres élus ne sont pas des maillons faibles du conseil.

Toutes ces raisons sont encore valables et la population doit s’investir contre le modèle proposé par M. Lanteigne et Mme Paulin.

Le conseil doit pouvoir prendre la place qui lui revient, qui est de représenter sa population, ce qui ne semble pas souhaitable par la direction actuelle. Cette dernière préconise davantage la fidélité à la corporation comme entité (modèle corporatif privé) qu’à la représentativité de sa population dans ses particularités respectives.