Parler ou se taire à jamais

Les menaces et les insultes envers le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet, visent tous les Acadiens et Acadiennes de la province.

Puisqu’il est notre porte-parole, nous devons nous lever et crier haut et fort afin de dénoncer ces propos dangereux et discriminatoires. Il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir (individuel et collectif) pour donner un sérieux coup de barre afin de redresser au plus vite ce dangereux dérapage.

Je crois que ceci est symptomatique de la détérioration inquiétante du contrat social de respect et de bonne entente qui existe entre les Acadiens et les anglophones du Nouveau-Brunswick.

Tissu social qui se désintègre entre les communautés francophones et anglophones, cela alimenté, entre autres, par l’ancien premier ministre Brian Gallant qui a envoyé un message négatif par rapport à l’importance du bilinguisme et des droits des francophones. Il a pavé la route à Blaine Higgs qui ne comprend en rien la communauté acadienne et qui n’en a rien à faire.

Après tout, n’est-il pas premier ministre depuis plus d’un an à la tête d’un gouvernement minoritaire sans avoir besoin d’un député francophone? Il a vite réalisé qu’il pouvait diriger la province sans la communauté acadienne en s’alliant allègrement avec un parti anti-bilinguisme pour régner en maître, anéantir les droits des francophones et nous retourner dans la pauvreté, comme c’était le cas avant le programme de réformes «chances égales pour tous» instauré par le premier ministre Louis Robichaud.

Alors, pourquoi se préoccuper des «grenouilles» maintenant?

Il faut aussi ajouter dans l’équation la tornade qui fait rage aux États-Unis et qui souffle sur tous les bigots de la planète, les adeptes des théories du complot, les racistes, les suprémacistes blancs, les QAnon, les misogynes, les homophobes, etc., les encourageant à sortir leurs fusils pour établir l’ordre et la paix dans nos sociétés.

Aucun doute que les internautes qui se cachent derrière leurs claviers pour proférer des menaces contre M. Doucet font partie de la petite minorité de gens qui se sentent enfin encouragés de prendre pour cible tout ce qui bouge, particulièrement le président de la SANB, le porte-parole de l’Acadie de notre belle province.

Nous sommes à un tournant de notre histoire dans un climat mondial qui se dégrade et dégringole à toute vitesse. Nous nous tenons sur le bord du précipice à nous étirer le cou pour voir combien plus bas nous allons tomber.

Comme racontait notre célèbre écrivaine Antonine Maillet, Jeanne de Valois, alors mère supérieure de Notre-Dame d’Acadie, leur avait dit à peu près ceci: «L’Acadie est entre vos mains. Cela dépend de vous si elle survivra une autre génération». Eh bien, aujourd’hui, les menaces contre le président de la SANB vont-elles sonner le glas de notre avenir collectif? Tous les membres conscients de notre société doivent se lever pour défendre nos droits et appuyer le président de la SANB. Nous ne pouvons plus être complaisants, car c’est aujourd’hui, maintenant, que notre avenir collectif se joue. Le nombre de parlant français diminue, notre poids démographique s’effrite. C’est aujourd’hui ou jamais.

Serons-nous à la hauteur de notre histoire? Nous aurions dû disparaître. Il y avait un plan très bien planifié pour le faire, mais nous avons survécu envers et contre toute logique. Nous sommes un grand peuple et un exemple de courage et de résilience dans l’histoire de l’Humanité.

Tributaires de cette histoire extraordinaire, allons-nous aujourd’hui la dilapider, baisser les bras et mourir? Cela dépend de chacun de nous. Oui, vous avez bien lu, chacun de nous doit se lever, maintenant. Parler ou se taire à jamais. Nous avons besoin d’un plan qui nous rassemble et nous ressemble. Et la SANB a son rôle à jouer.

Un pour tous, tous pour un.

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet