Inquiétude face à Blaine Higgs

Jeanne Renault
Moncton

Lettre à Blaine Higgs

Monsieur le premier ministre,

Une nouvelle inquiétude face aux droits linguistiques des citoyens néo-brunswickois a surgi lors des premiers jours de la campagne électorale, la semaine passée .

Interrogé sur la question des tests d’évaluation linguistique, vous vous inquiétiez des exigences linguistiques et de l’atteinte de celles-ci par les élèves issus des écoles anglophones.

L’obligation d’offrir et de fournir des services en français et en anglais devrait être abordée, il me semble, autrement que par le biais de l’évaluation linguistique. Aux fins de rappel, répétons que chaque service du gouvernement du Nouveau-Brunswick doit être offert et fourni en français et en anglais à chaque citoyen dans sa langue, peu importe où il se trouve dans la province.

Pour répondre à cette obligation, le fonctionnaire doit avoir un bon niveau dans les deux langues. La question des services gouvernementaux dans la langue du citoyen doit être abordée comme un droit de chaque citoyen.

On comprend que l’étudiant anglophone ou francophone puisse être attiré par un poste ou une carrière dans la fonction publique provinciale. Devenir fonctionnaire n’est pas un droit, encore faut-il posséder les qualités requises, soient-elles linguistiques, professionnelles et personnelles.

Faut-il craindre que vous allez vous laisser tenter par l’approche ratoureuse de la People’s Alliance, qui ne cache pas ses intentions de sabrer dans les droits linguistiques acquis depuis 50 ans?

Le problème des anglophones est antérieur à l’accès avec plus ou moins de succès aux tests d’évaluation linguistique et trouve clairement sa source ailleurs. Faut-il rappeler qu’entre le recensement de 2011 et celui de 2016, le niveau de croissance du bilinguisme des anglophones du Nouveau-Brunswick n’a atteint que 1,7%, soit l’augmentation la moins importante de toutes les provinces et les territoires du Canada?

Je crois que le faible niveau de bilinguisme des anglophones du Nouveau-Brunswick – qui vivent dans la seule province officiellement bilingue au Canada – doit préoccuper davantage le gouvernement de notre province, plutôt que leur réussite à des tests d’évaluation linguistique.