Citoyens pour un N.-B. en santé

Pour une fois, il faut être d’accord avec une des affirmations que la compagnie Irving a fait publier dans les journaux. Il faut interdire l’épandage de glyphosate pas seulement sur les forêts, mais partout en province.

Nous sommes passés du DDT à l’agent orange et maintenant au glyphosate. Les deux premiers sont encore accumulés dans notre environnement. Ils causent encore des problèmes de santé et des chercheurs nous disent que le glyphosate aura des répercussions encore plus importantes à long terme.

Le premier argument est que le glyphosate est approuvé par Santé Canada et qu’il est sécuritaire. Est-ce un argument crédible? Nous avons écouté cet été une entrevue sur les ondes de Radio-Canada et menée par Stéphane Bureau avec le médecin Marie-Ève Coton. Ils discutaient de la corruption qui existe au niveau des études scientifiques entourant la pharmaceutique. Comment se manifeste cette corruption qui dure depuis des années? Dans les résultats d’études où l’on cache des effets indésirables de médicaments, quand on paye des chercheurs pour apposer leurs noms à des études favorables aux produits, quand on influence des journaux scientifiques… On a vu que lorsque des études défavorables sont publiées, des lobbyistes payés par les compagnies attaquent ces études et l’on cherche à ternir la réputation du chercheur principal.

Encore aujourd’hui, Santé Canada approuve des milliers de molécules chimiques dans notre environnement dont plusieurs sont des agents cancérigènes connus. Pourquoi est-ce important de savoir tout ceci? Parce que ça se passe aussi dans le monde des pesticides. On se rappellera le congédiement par les libéraux de Dre Eilish Cleary en tant que médecin hygiéniste en chef du N.-B., celle qui voulait se pencher sur les risques associés au glyphosate.

L’autre argument de la compagnie Irving: il n’existe aucune étude qui démontre la nocivité du glyphosate, ceci alors que des chercheurs ont consacré des décennies de recherches et ont clairement démontré les risques associés au glyphosate. Ces études sont systématiquement ignorées.

Autre argument des forestières: pas de glyphosate, pas de possibilité de forêt. Pourtant la biodiversité favorise la santé individuelle des arbres, de toute la forêt et des êtres qui y vivent. Les coupes à blanc, l’épandage d’herbicides et la monoculture sont des pratiques que les générations futures verront comme étant barbares parce qu’elles favorisent plutôt la maladie, la venue d’insectes nuisibles et les inondations dans la province. Tout ceci ne mentionne pas encore l’accumulation des toxines dans les sols, les cours d’eau et les êtres vivants.

Les forestières nous disent que la majorité du glyphosate au Canada est arrosé sur nos aliments. C’est vrai et ça devrait cesser, mais au N.-B., environ 61% du glyphosate est répandu sur les forêts (104 000 litres par année) et 50% de ces terres appartiennent à nous, les citoyens de la province.

Il est temps et nous insistons pour que des politiciens aient le courage de se mettre debout face aux multinationales et prennent des mesures pour nous protéger et protéger ce qu’il reste de nos forêts.

Rachelle Poirier
Claude Léger
Paul Soucy
Jean-Guy Poirier
Gloria Drisdelle
Huguette Cormier
Doland Bourgeois
Annette Richard
Alphonse Legresley
Laurent Chiasson
Roseline Roy
Georges Bourgeois
Catherine Laratte