Inaction climatique

En tant que jeune résident du Nouveau-Brunswick, biologiste et activiste environnemental, je suis inquiet de voir l’absence quasi totale de la question environnementale dans la campagne électorale provinciale actuelle. Mis à part l’épandage du glyphosate sur les terres de la couronne, les problèmes environnementaux majeurs sont peu évoqués, alors que la crise climatique prend dangereusement de l’ampleur. Il y a un an, l’environnement était au cœur des débats, des millions de jeunes et moins jeunes autour du globe défilaient dans les rues pour demander des actions contre la crise environnementale. Puis vint la pandémie.

La pandémie actuelle, bien que l’on ait tendance à l’oublier, est avant tout un symptôme de la crise environnementale. La déforestation, la surconsommation de viande et la proximité de l’être humain avec les autres espèces d’animaux sont les raisons principales pour lesquelles notre monde est aujourd’hui complètement bouleversé. Pendant ce temps, l’utilisation du plastique à usage unique a explosé, la pollution plastique atteint des records et le microplastique est partout, dans nos assiettes jusqu’aux fonds océaniques. Pourtant, les sondages démontrent que les Canadiennes et les Canadiens sont désormais moins préoccupés par ce problème environnemental majeur.

Il est clair que la classe politique du Nouveau-Brunswick ne comprend pas l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons. En tant que province maritime, les changements climatiques ont et auront des effets dévastateurs sur notre province, autant sur le plan écologique qu’économique. Les zones côtières du Nouveau-Brunswick seront fortement affectées par la montée des niveaux de la mer, de l’érosion jusqu’à la salinisation. Ce sont les communautés côtières et riveraines du Nouveau-Brunswick qui en seront le plus fortement impactées et la population de la province au complet le sera éventuellement.

Alors qu’en plus, on prédit une augmentation accrue des tempêtes puissantes dans les maritimes, l’absence de volonté politique pour s’attaquer concrètement à la crise climatique est inacceptable. Les problèmes environnementaux, le réchauffement de la planète et les changements climatiques ne feront que s’accentuer au courant des prochaines années et la classe politique du Nouveau-Brunswick se doit de mettre les solutions environnementales en avant-plan. La crise climatique se doit d’être une priorité au courant de cette campagne électorale et de celles qui suivront.

En tant que jeune Néo-Brunswickois, je m’inquiète de ce que l’avenir me réserve. Sans être pessimiste face à l’avenir, je suis certainement insatisfait des plateformes électorales des partis politiques de notre province. La qualité de vie de ma génération et de celles qui suivront est en jeu. Mobilisons-nous devant l’inaction climatique, alors que nous avons encore le temps.

Yoan Bourgoin
Saint-Léonard