Est-il trop tard pour rêver?

Depuis quelque temps, le chroniqueur Rino Morin Rossignol rêve d’une Bibliothèque nationale de l’Acadie dans l’ancien Collège Saint-Joseph à Memramcook. Projet que j’appuie sans hésitation, mais que j’aimerais bonifier en l’incorporant dans un plus grand rêve pour l’Acadie contemporaine.

C’est le rêve du Centre national de l’Acadie: un centre intergénérationnel éducatif où le passé du peuple acadien serait formateur et garant de l’avenir. Le Centre serait ancré dans l’histoire de notre peuple par sa localisation à Memramcook dans un espace qui serait rebaptisé le Quartier de la renaissance acadienne et qui s’étendrait du Musée d’histoire de Memramcook jusqu’à l’école Abbé-Landry.

Le Centre et le Quartier de la renaissance acadienne deviendraient un projet de société rassembleur qui aurait pour but de créer un lieu unique et digne de notre peuple. Un lieu de rassemblement, d’apprentissage et de divertissement. Une attraction majeure pour les Acadiennes et les Acadiens de tout âge, de partout des Maritimes et de la Diaspora acadienne. Un lieu que les gens voudront visiter, seuls, entre amis ou en famille pour y vivre des expériences acadiennes en français.

Nous retrouvons déjà à l’intérieur du périmètre de ce potentiel Quartier de la renaissance acadienne des immeubles et des installations multifonctionnelles: locaux en grandes quantités (ancien collège Saint-Joseph), salles de spectacle (du Monument-Lefebvre et de la chapelle de l’ancien Collège), espaces d’exposition, installations sportives intérieures et extérieures (golf, aréna, piste d’athlétisme, tennis, sentiers récréatifs, etc.), chambres pour hébergement, sites et monuments historiques (église, cimetière, statues, etc.), digues et aboiteaux, musées, etc.

En plus de retrouver la Bibliothèque nationale de l’Acadie dans le Centre national de l’Acadie, plusieurs autres volets pourraient être ajoutés:

  • Le Temple de la renommée acadienne (pour commémorer, expliquer et s’inspirer des réalisations des Acadiennes et des Acadiens: Arthur LeBlanc, Anna Malenfant Pascal Poirier, Louis J. Robichaud, Antonine Maillet, Viola Léger, 1755, Angèle Arsenault, Édith Butler, Roméo LeBlanc, etc.
  • Le Centre international de la généalogie acadienne et de la diaspora acadienne;
  • Le Centre des relations Acadie-Premières Nations;
  • Le Centre de la Butte à Pétard: un musée de l’histoire des jeunes Acadiennes et Acadiens de la fondation de l’Acadie à nos jours combiné à un centre de l’avenir de la jeunesse;
  • Le Centre de l’interprétation de l’environnement et des aboiteaux;
  • Le Centre communautaire du village de Memramcook.

Il va de soi que l’Université de Moncton y déménagerait aussi le Musée acadien, les Archives acadiennes et le Centre d’études acadiennes Anselme Chiasson.

La synergie créée serait incroyable! En utilisant toutes les installations du Quartier de la renaissance acadienne, une programmation abondante, dynamique et annuelle pour enfants, ados, familles et aînés serait offerte et comprendrait des activités et des camps éducatifs; des conférences, des cours et des ateliers; des activités sportives et de plein air; des expositions muséales; des événements ludiques et éducatifs (rallyes, chasses au trésor, compétitions sportives, etc.), des activités culturelles, tout ceci en français et axé sur le patrimoine, l’histoire, la culture et les traditions acadiennes. Ce serait un endroit où on veut passer du temps pour découvrir, s’amuser et s’éduquer entre amis et en famille.

Parmi les grands thèmes qui seraient à la base de la programmation pour tous les âges: création artistique acadienne (musique, arts visuels, théâtre, bandes dessinées, jeux vidéos, etc.), sports et bien-être (athlétisme, vélo, soccer, tennis, patin, gymnastique, etc.), patrimoine et traditions (cuisine, langue, généalogie, histoire, etc.), protection de l’environnement (jardins communautaires, écopromenades, projets novateurs, etc.), leadership et engagement communautaire.

J’admets qu’après la dernière élection, c’est probablement une utopie acadienne de penser qu’un jour le Centre national de l’Acadie dans le Quartier de la Renaissance acadienne pourrait bel et bien exister. À ceci s’ajoute les obstacles du financement et le niveau de collaboration nécessaire entre tous les paliers de gouvernement, des gens d’affaires et du monde associatif acadien, mais à bien y penser après tout, n’est-ce pas cela, la définition d’un rêve de projet de société rassembleur?

Peut-être que si le gouvernement provincial donne la première option d’achat de l’Institut de Memramcook au village de Memramcook que ce dernier saura prendre le leadership et sauter sur l’occasion qui se présente?

Beau rêve, Han, M. Morin Rossignol?

Claude Boudreau
Dieppe