La popularité du jardinage pourrait être de courte durée

On dit souvent que le jardinage est bon pour le corps et l’esprit. Possiblement, et selon un récent rapport sur le jardinage publié récemment, tout porte à croire que le jardinage a été une activité extrêmement populaire cette année.

Dans un texte de Daphnée Cameron la semaine dernière, le Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, en partenariat avec Angus Reid, publiait une étude sur le jardinage à domicile.

L’étude intitulée «Le jardinage à domicile en réponse à la COVID-19» examinait la prévalence, les variétés et les attitudes à l’égard du jardinage à domicile au Canada pendant la pandémie de la COVID-19.

Le rapport suggérait que 51% des gens sondés cultivent au moins une variété de fruits ou de légumes dans un jardin. De ce total, 17,4% d’entre eux ont commencé à cultiver des aliments à domicile en 2020, pendant la pandémie de la COVID-19. Cela représente près d’un Canadien sur cinq. C’est énorme. Un total de 67% des nouveaux jardiniers en 2020 conviennent que la pandémie de la COVID-19 a influencé leur décision de commencer à cultiver des aliments à la maison.

Les jardiniers à domicile résidents de la Colombie-Britannique et des Prairies sont plus nombreux que ceux qui ne jardinent pas. Parmi tous les gens sondés qui cultivent des aliments à domicile et qui vivent en Atlantique, 23,7% ont commencé à jardiner cette année. Il s’agit de la plus forte proportion de jardiniers en herbe dans une région du pays.

Le rapport démontrait aussi que de nombreux Canadiens demeurent préoccupés par notre capacité de s’approvisionner, incitant plusieurs à faire du jardinage. Au total, 52,6% des enquêtés sont au moins quelque peu préoccupés par les pénuries alimentaires pendant la pandémie de la COVID-19.

Seuls 7% du total des personnes interrogées ne s’inquiètent pas du tout des pénuries alimentaires. Parmi les nouveaux jardiniers amateurs, 53,9% s’inquiètent des pénuries alimentaires, contre 55,2% des jardiniers de longue date.

En outre, 39,8% du total des gens interrogés sont au moins assez d’accord pour dire que trouver certains aliments précis représentait un défi pendant la pandémie.

De plus, de nombreux Canadiens sont clairement préoccupés par l’abordabilité des aliments. Au total, 85% du total des sujets interrogés craignent que le prix des denrées alimentaires augmente en raison de la pandémie de la COVID-19.

Cependant, cette préoccupation n’est pas sensiblement influencée par le fait que les gens sondés ont perdu leur revenu en raison de la pandémie. L’abordabilité des aliments est une préoccupation partagée par tout le monde.

Le type de résidence a également été évalué. Au total, 18,6% des jardiniers cultivent au moins de la nourriture sur les balcons. Parmi tous les enquêtés qui cultivent des aliments à domicile et qui vivent au Québec, 31,3% cultivent au moins un peu de nourriture sur un balcon, le pourcentage le plus élevé au pays.

Au total, 82,4% des jardiniers amateurs vivent dans une maison individuelle, ce qui correspond au fait que 70,2% des jardiniers amateurs cultivent au moins une partie de leur production devant la maison et/ou dans la cour arrière.

Bien sûr, la popularité du jardinage sera peut-être de courte durée. Jardiner requiert du temps et beaucoup de travail, mais les avantages sont innombrables.

À la lumière de ces résultats, les administrations municipales doivent mieux reconnaître la valeur de leurs jardins communautaires et de mener des études auprès des résidents de la ville pour découvrir le niveau d’intérêt à cultiver leur propre nourriture dans un jardin communautaire.

Le rapport indique également que, compte tenu du nombre de jardiniers en copropriété et en appartement, cela présente une occasion unique pour les syndicats et les conseils de copropriété, les groupes de locataires et les organisations de quartier de créer des associations de culture alimentaire à domicile.

Dr Sylvain Charlebois
Directeur principal
Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire
Université Dalhousie, N.-É.