Avons-nous encore des forces vives?

Jules Boudreau
Maisonnette

Il y a déjà quelque temps que Rino Morin Rossignol, dans une de ses chroniques, lançait le concept d’une bibliothèque nationale de l’Acadie, qui pourrait trouver place dans l’ancien Institut de Memramcook, qui semble-t-il se cherche une vocation. De toutes parts, cette proposition a été saluée, approuvée, applaudie. Et depuis, plus rien. Silence.

Il me semble pourtant que l’idée mérite mieux que cela. Une bibliothèque nationale ne pourrait-elle pas constituer un projet rassembleur, un projet mobilisateur, ralliant nos institutions, nos leaders, ce qu’on aimait appeler nos «forces vives» dans un passé pas si lointain? Avons-nous encore des projets rassembleurs de cette envergure? Avons-nous encore des forces vives? Qu’on me cite un projet motivateur, capable de canaliser nos énergies au lieu de les disperser dans des entreprises multiples et souvent vaporeuses qui les épuisent sans leur apporter de résultat concret. Une bibliothèque nationale, voire un embryon de bibliothèque, constituerait un résultat mesurable, dont nous pourrions constater le progrès au fur et à mesure de son évolution et le stimuler au besoin.

Je profite de l’occasion pour saluer mon ami Rino. (J’ose t’appeler mon ami, même si nous nous sommes à peine côtoyés une ou deux fois; après tout, je fais un bout de chemin en ta compagnie chaque mercredi matin). Je ne sais ce que j’admire le plus en toi: l’élégance et la virtuosité de ton écriture, ou la profondeur de ta réflexion. Tu as beau crécher à une autre adresse, tu es plus présent en Acadie que bien de nos voisins.