Angela Bourgeois s’est éteinte

Vendredi, en après-midi, une dame s’est éteinte alors qu’elle chantait. Angela Bourgeois née LeBlanc était une femme extraordinaire et je l’adorais.

Aux prises avec les différents aspects moins positifs du grand âge ces dernières années, elle était pourtant pleine d’humour encore, et gardait une certaine qualité de vie, entourée de sa famille qui en prenait bien soin.

Ce fut ma grand-mère par alliance et ma «mémère» acadienne d’adoption. Ses petits-enfants l’appelaient Mim. Je n’osais plus le faire dans les dernières années, sauf dans mon cœur. Jusqu’à il y a quelques années, elle m’écrivait sur Facebook des messages en majuscules, pleins d’amour et d’humour.

Angela, par les Babineau de Shediac/Grande-Digue du côté de sa mère, était une arrière-petite-nièce du sénateur Pascal Poirier.

J’adorais quand elle me racontait des histoires de «sur l’empremier», sur la vie dans le sud-est du Nouveau-Brunswick lorsqu’elle était jeune.

Je me rappelle de nombreuses anecdotes, comme quand elle allait faire des activités à l’Académie à Moncton, coin Church et Victoria (là où le journal l’Évangéline a vécu ses dernières décennies d’existence), où c’est sans plaisir qu’elle devait passer par la salle communautaire parmi les vieux Acadiens chiquaient et fumaient, en crachant régulièrement dans leurs «spitounes». Ou encore comment son patron lui faisait recopier les minutes des réunions de la Patente. Cela la fâchait que les femmes n’y soient pas admises.

Angela Bourgeois a eu un impact majeur dans la région de Moncton, en militant avec Françoise Chamard-Cadieux pour la création de la première commission scolaire francophone de la ville, et fut élue parmi les premiers conseillers.

Elle a aussi été impliquée sur la question de la place de la femme dans l’Église, entre autres, ainsi qu’au YMCA et au YWCA, et elle a certainement accompli plein d’autres choses dont je ne suis même pas au courant.

Elle était douce, formidablement drôle, aimante, simple, humble, déterminée, portée par sa foi, généreuse, brillante, moderne et féministe.

Grande fan de hockey, partisane du Canadien de Montréal, ses amis sur les réseaux sociaux se souviendront de ses commentaires sur les victoires et les défaites. Mais surtout, pour moi qui suis un Acadien, mais qui n’est pas originaire du Nouveau-Brunswick, elle m’a accueilli à bras ouverts.

Je ne trouve pas les mots pour dire à quel point cela est précieux.

Matriarche des Bourgeois, Boulay et Boudreau, Angela est enfin réunie dans l’amour infini qui transcende la mort avec son cher Blair. Je leur serai éternellement reconnaissant.

Mes condoléances les plus sincères à toute la famille, à ses proches et à toute la communauté acadienne qui a bénéficié des différents engagements de cette dame. Adieu, Mim.

Sébastien Lord-Émard
Moncton