Les défis de la nouvelle direction de Vitalité

Les défis de la nouvelle direction de Vitalité, peu importe qui sera nommé par la ministre de la Santé, seront nombreux. Le premier sera celui de reprendre de la crédibilité auprès des communautés francophones et plus particulièrement des communautés rurales. Le lien de confiance entre celles-ci a été coupé de façon profonde par les décisions de Gilles Lanteigne. Qu’il suffise de parler des coupures de services d’oncologie à Grand-Sault et à Saint-Quentin ou encore des interruptions de plusieurs services à Campbellton ou de l’obstétrique à Bathurst.

La nouvelle direction devra aussi relever comme deuxième défi celui de la transparence, mais pas seulement celle d’un document sur la transparence, mais d’une véritable transparence. Comment y arriver? Le premier élément est celui de véritables discussions sur les enjeux au sein du Conseil d’administration (CA) lors de réunions publiques. Le premier geste dans ce sens que devrait faire la nouvelle direction est de rendre publiques les deux résolutions adoptées à huis clos, selon la présidente et Gilles Lanteigne, soit celle de l’adoption par le CA du plan qui comportait la fermeture de trois (3) urgences du réseau en février 2020 et celle par laquelle le CA recommandait la fin des élections au sein de la régie et la formation d’un CA constitué de personnes nommées.

Le troisième défi sera celui de respecter la Loi et de faire un véritable rapport sur sa gestion et sa gouvernance lors de chaque réunion du CA. Mettre fin à des services d’oncologie quelques jours après une réunion du CA, ce n’est pas respecter ses obligations en vertu de la Loi, c’est inacceptable et c’est diminuer le rôle du CA à celui d’approuver aveuglément les décisions de la direction générale.

La nouvelle direction devra rapidement mettre fin au climat toxique qui existe dans nos institutions de santé. Il ou elle devra consulter et écouter les professionnels de la santé et surtout ne pas les bâillonner comme ce fut le cas dans la dernière année. Les professionnels de la santé dénoncent la centralisation à outrance mise en place par le duo Lanteigne-Paulin. La semaine dernière plus de 700 médecins ont réclamé une décentralisation du système de santé au Québec. Que demandent-ils? «Les médecins réclament notamment la nomination d’un administrateur local dans chaque hôpital». Qu’avons-nous entendu de la part de nos communautés? Avoir une direction locale!

Le recrutement du personnel sera un autre défi qui peut être comblé par le changement de climat dans nos institutions, la fin des coupures de services et l’ouverture de postes à temps plein.

Si la nouvelle direction décide de continuer dans la lignée de Gilles Lanteigne, son mandat sera désastreux, en particulier, pour la communauté acadienne et francophone puisque les réformes à venir par le gouvernement Higgs ne seront pas favorables au développement de nos communautés!

Jacques Verge
Dieppe