Nous devons décentraliser les services de buanderie des hôpitaux

Dans sa lettre du 18 décembre 2019 ainsi que dans celle du 29 juillet 2020, le Groupe de développement durable du Pays de Cocagne (GDDPC) demande au gouvernement provincial de décentraliser les services de buanderie des hôpitaux.

Notre demande vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) produit par le transport routier lié aux services de buanderie des hôpitaux. Nous voulons faire tout ce qui est possible pour assainir le climat et protéger la santé et le bien-être des Néo-Brunswickois.
Dans cette perspective, nous demandons aux dirigeants politiques de lutter contre la pollution en utilisant les revenus de la taxe sur le carbone pour investir dans des infrastructures appropriées.

Dans son courriel du 23 septembre 2020, M. Flemming, ex-ministre de la Santé, ne répond pas à nos préoccupations concernant les émissions de GES.

Essentiellement, le ministre affirme que la grande efficacité énergétique des buanderies centralisées à Campbellton, à Edmundston et à Saint-Jean fait plus que compenser l’énergie accrue découlant du transport. Il souligne les avantages environnementaux associés au recyclage de l’eau à la grande buanderie de Saint-Jean et mentionne que l’un des objectifs est de passer à des véhicules électriques lorsque ce sera possible.

Nous ne pouvons souscrire à l’analyse que fait M. Flemming de la situation. Selon nous, l’efficacité énergétique et le recyclage de l’eau sont d’une grande valeur et doivent être pratiqués à grande échelle, mais ils ne peuvent annuler la nécessité de réduire les émissions de GES liées aux énergies fossiles. La lutte contre le changement climatique doit se faire sur tous les fronts.

Quant aux voitures électriques, nous estimons qu’elles ne font pas partie des solutions de rechange à la décentralisation des services.

Rappelons que le transport routier lié aux services de buanderie des hôpitaux émet chaque année 743 184 tonnes de CO2. Nous trouvons que c’est beaucoup trop et qu’il est impératif de diminuer ces émanations. Nous croyons qu’il faut repenser nos façons de faire et opter pour des pratiques qui tiennent compte des émissions de GES.

La décentralisation des services répond à ce critère. Dans un contexte de crise sanitaire de la COVID-19 étroitement liée à la crise climatique, nous intensifions nos efforts d’éducation pour inciter les communautés desservies à faire leur possible pour réduire les émissions de GES.

Toutefois, les actions individuelles sont insuffisantes. Une volonté politique est nécessaire afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Des actions concrètes ayant un impact à long terme, telle la décentralisation des buanderies d’hôpitaux, doivent être entreprises maintenant afin de réduire les émissions de GES de 45% d’ici 2030 et de 100% d’ici 2050.

Les services décentralisés présentent des avantages appréciables sur les plans économique et sanitaire en contribuant de façon importante à la réduction des émissions de GES. De plus, ils répondent mieux aux besoins des communautés. Par exemple, depuis la pandémie, nous avons vu que la production locale d’équipements de protection personnelle avait augmenté la sécurité de la population canadienne en matière de santé publique. Un autre avantage d’importance est que la décentralisation crée des emplois et contribue ainsi au développement des communautés.

La lutte contre les changements climatiques est la responsabilité de tous et de chacun. Il appartient au gouvernement provincial de faire tout ce qui est possible pour appuyer les Néo-Brunswickois dans cette lutte. Un appui significatif peut être offert en utilisant les revenus de la taxe sur le carbone pour investir dans les infrastructures nécessaires à la décentralisation des services.

Investir l’argent des contribuables dans l’assainissement du climat est en fait une question de justice sociale.

À cet effet, nous aimerions connaître les critères utilisés dans l’attribution de fonds provenant des revenus de la taxe sur le carbone. Nous aimerions aussi savoir à quelles fins les revenus de cette taxe sont actuellement utilisés.

Nous devons faire tout ce qui est possible pour réduire notre empreinte carbone. Nous réitérons donc notre demande aux décideurs politiques pour qu’ils procèdent le plus tôt possible à la décentralisation des services de buanderie des hôpitaux.

Nous souhaitons vivement que les investissements nécessaires fassent partie du Plan de relance économique post COVID-19.

Odette Landry
Co-présidente
Conseil d’administration Groupe de développement durable du Pays de Cocagne