Une pilule difficile à avaler

En référence à la lettre de Marcel Arseneau de Moncton, publiée dans l’Acadie Nouvelle du lundi 23 novembre, intitulée Deux régies essentielles, je me permets de relever une très petite partie de sa lettre et je cite: «Cependant, lorsqu’il s’agit de soins en services spécialisés, le patient est habituellement transféré dans un hôpital où il sera soigné et servi dans sa langue.»

Or, j’ai reçu un appel téléphonique le 18 novembre, c’était la secrétaire du spécialiste qui devait m’opérer à Moncton. Elle m’a parlé en anglais. Je lui ai demandé de me parler en français et elle m’a répondu: «I don’t speak french» et ceci au CHU Georges-Dumont à Moncton.

Étant donné que ça faisait un an et demi que j’attendais cette opération, j’ai eu peur de perdre mon tour et j’ai accepté de parler anglais.

Arrivé à l’hôpital, le 20 novembre, quelle ne fut pas ma surprise de réaliser que le spécialiste ne parlait pas un mot de français.

Je me débrouille quand même assez bien en anglais, mais il a fallu que je lui demande de parler moins vite et de recommencer ses explications à plusieurs reprises. À un certain moment, il me parlait du cancer du poumon (lung) et moi pour traduction, je lui répondais sur le cancer du foie (liver).

On se comprenait, mais on ne parlait pas de la même chose. Ça donne une bonne idée.

Pour un nationaliste comme moi, c’est une pilule difficile à avaler.

Je n’ai pas mentionné le nom du spécialiste de peur de perdre mon tour.

Odilon Lanteigne
Miscou