Le mérite ou un droit?

Jacques Verge
Dieppe

Lors de sa première intervention comme direction générale du réseau de santé Vitalité, Dre France DesRosiers a déclaré au Téléjournal Acadie comme dans l’Acadie Nouvelle que «le peuple acadien mérite de recevoir ses soins de santé en français». Il est à souhaiter que le choix du verbe «mérite» ne soit qu’une erreur de débutante puisqu’il s’agissait de sa première entrevue à titre de direction générale du réseau.

Il y a tout un océan de différences entre «mériter» et «avoir droit à» des soins de santé en français. Le verbe mériter signifie «Être, par sa conduite, en droit d’obtenir (un avantage) ou exposé à subir (un inconvénient)» Le peuple acadien et francophone n’a rien à faire ou à ne pas faire pour se mériter des soins de santé en français. Au contraire, il a non seulement le droit à des soins de santé en français, mais il a droit à des institutions de santé francophones qui fournissent la même gamme de soins de santé qui sont offerts dans les institutions de santé de la régie anglophone.

L’expression «avoir droit à des soins de santé en français» est utilisée par le premier ministre, sa ministre de la santé et par les fonctionnaires pour diluer le droit de la communauté linguistique à des institutions distinctes et égales comme écrit dans la Charte canadienne des droits et libertés (article 16,1). Ce droit, c’est plus que celui d’être servi en français dans une institution anglophone.

Nous n’avons pas à mériter ou à quémander des soins de santé en français. Nous avons droit à des institutions de santé francophones distinctes, gérées et gouvernées par la communauté francophone et acadienne et qui offrent la même gamme de services qui sont offerts par les institutions de santé de la communauté anglophone.

Cessons de quêter et de quémander! Un droit, c’est un droit. Ça ne se mérite pas, ça s’exige si nous ne l’avons pas!