Une réforme complète s’impose au Vatican

Sylvette Basque
Néguac

Par les temps qui courent, les sujets de conversations ne manquent pas. Et s’il y a bien un sujet qui fait des gorges chaudes dernièrement, c’est la religion, en particulier les scandales qui secouent encore une fois l’Église catholique.

Le film Le silence, de Renée Blanchar, a ébranlé, choqué même, bien des gens, par l’ampleur sous-estimée des prêtres pédophiles qui ont abusé des jeunes pendant des décennies en toute impunité.

Incroyable ce que ces victimes ont enduré. Il faut dire que du temps de nos grands-parents, il était strictement interdit de défier quelconque autorité parentale ou cléricale. Tout était péché à l’époque, la religion faisait peur et malheur à celui ou celle qui aurait osé dénoncer un père, un oncle ou un curé pour abus physiques et sexuels.

Les femmes n’avaient pas leur mot à dire et étaient des usines à bébés. Et surtout, il ne fallait pas «empêcher la famille», car c’était péché. Ma grand-mère m’en a raconté sur cette époque heureusement révolue!

Mais si on recule encore plus loin dans le temps, ce n’est pas d’hier que l’Église est un sujet de controverse. L’Inquisition, instaurée au début du premier millénaire s’est étendue sur une période de plus de 800 ans, faisant d’innombrables victimes. Véritable fléau commandité par les rois et reines de l’époque, de connivence avec l’Église catholique, des gens ont été torturés, envoyés au bûcher et pourchassés pour avoir osé pratiquer une autre religion que celle dictée par Rome.

Et que penser du mutisme de l’Église durant l’Holocauste, qui a éliminé six millions de juifs durant la Seconde Guerre mondiale? Pas de grands cris au scandale.

Et que dire de toutes ces richesses qui dorment au Vatican, pendant que des millions de gens meurent de faim?

Mais les temps ont changé et les gens refusent catégoriquement de se faire dicter leur conduite par une religion qui ne peut pas prêcher par l’exemple. Et on ne peut certainement pas les blâmer!

Une réforme complète s’impose au Vatican si ses dirigeants veulent tant bien que mal sauver les meubles et surtout la face. Il faudrait commencer par autoriser le mariage des prêtres, l’ordination des femmes et une plus grande ouverture d’esprit face à une société qui en a assez de ces enseignements désuets et totalement déconnectés de la réalité, et surtout de toute cette hypocrisie odieuse.

Pendant que des soutanes font la sourde oreille aux doléances des gens qui ont été trahis par leur église, celles-ci ferment à un rythme alarmant, faute de fidèles et de curés. Et à qui la faute?

Ce qui est désolant, c’est que la majorité des gens met tous les prêtres dans le même panier, bien qu’on sait tous qu’il y en a un grand nombre qui n’ont jamais touché un enfant et qui ont des idées contemporaines.

Pour ma part, même si je ne suis pas une fervente pratiquante, je suis croyante et je pense que si jamais Jésus était pour revenir sur cette terre comme l’enseigne la Bible, il ne perdrait pas grand temps à passer un coup de balai, en commençant par le Vatican!