Père Michel Mercier, marcheur de Dieu

La Congrégation des Pères rédemptoristes ainsi que les communautés chrétiennes du comté de Kent pleurent le départ du Père Michel Mercier. Il est décédé le 6 décembre à l’âge de 66 ans et repose désormais dans le cimetière voisin de l’église Saint-Louis-des-Français. Il fut un homme véritablement digne de son sacerdoce, grandement apprécié partout où il a œuvré en Acadie.

Depuis 2011, ils sont nombreux à avoir eu le privilège de bénéficier de ses services pastoraux dans les communautés chrétiennes de Rexton, Elsipogtog, Richibouctou, RIchibouctou-Village, Saint-Louis, Saint-Ignace, Saint-Charles, Sainte-Marie, Pointe-Sapin et Baie-Sainte-Anne. Il a œuvré comme aumônier à l’Hôpital Stella-Maris de Sainte-Anne-de-Kent et dans pratiquement tous les foyers de soins du comté.

Homme paisible et amical, il pratiquait l’austérité et la simplicité volontaire de manière exemplaire, autant dans la vie liturgique que dans les affaires temporelles. Par son allure, son apostolat et sa dévotion à la Vierge Marie, il rappelait Jean-Marie Baptiste Vianney, mieux connu sous le nom de saint curé d’Ars.

Il savait plaire par ses homélies, où il avait le don d’harmoniser l’enseignement dogmatique aux anecdotes du vécu contemporain des paroissiens et où pointait infailliblement un humour latent. Tous se souviendront de ses petites histoires destinées à détendre les fidèles et à les disposer à mieux recevoir la parole. On se souviendra, entre autres, du récit de ses randonnées à pied dans la région d’Elsipogtog.

Il affirmait craindre tout particulièrement les chiens errants, qu’il considérait nombreux à le lorgner avec grand intérêt. Et il ajoutait: «Les chiens, ça aime les os.» Sa remarquable gracilité illustrait avec vividité le caractère cocasse de ses propos.

Une de ses occupations quotidiennes était en effet la marche. Été comme hiver, beau temps mauvais temps, sous le soleil comme sous la pluie ou la neige, notre homme de Dieu marchait sur des distances considérables, entretenant de longues méditations, traînant à la main un sac où s’accumulait cannettes et bouteilles vides qu’il cueillait le long de la route afin de faire fructifier le fonds d’entretien de la grotte Notre-Dame-de-Lourdes, de Saint-Louis, un hommage à la Vierge qu’il vénérait tant.

Assurément, un marcheur de Dieu et un témoin de l’Évangile apte à renforcer la foi de tous ceux qui l’ont fréquenté.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent