Le Bye Bye 2020: quoi en retirer?

Hier (jeudi) soir, pour la veillée du jour de l’An, après un savoureux repas où la relation entre nous était au plus belle, se parlant, s’écoutant, se recevant, en nos propres chemins d’humanité, en nos inquiétudes, nos rires, nous fou rire même, en nos espérances, et bien, peu de temps après nous nous déplacions au salon afin d’écouter ensemble le Bye Bye 2020.

Au salon, nous étions de toutes les générations, de tous les âges; alors que le feu de bois pétillait, la chaleur humaine étant au rendez-vous, nous espérions à la fois rire, peut-être même pleurer, ou du moins revivre les grands moments de l’année 2020.

Je me disais ceci, j’espère qu’en tant que francophone, Acadien, vivant dans ce beau Canada multiculturel, d’un océan à l’autre, nous entendrions, verrions, une géographie humaine, culturelle et aussi anecdotique que possible, représentant bien la vie de nous tous.

Or, il fallut peu de temps, au groupe réuni pour entendre et surtout réaliser que nous étions avec une émission de mauvais goût, pour nous recréer en cette fin d’année 2020.

Pour ma part, j’ai essayé de comprendre comment le directeur de la programmation de notre société d’état avait donné à cette programmation son cautionnement pour un contenu censé nous offrir une rétrospective et peut-être même une perspective d’avenir, en empruntant à l’ironie, à la dérision, à la parodie, à l’humour, au rire, quoi, simples et accessibles qui aurait eu un sens! Impossible pour moi de le trouver!

Au bout de 20 minutes, tout le groupe s’est mis d’accord pour fermer le téléviseur, car nous étions au fait, déçus, désolés, amoindris, voire tristes, et une grand-maman d’ajouter à ses petits-enfants: «j’espérais rire, or il y a là une telle violence. J’en suis attristée!».

Le Bye Bye 2020, à mon sens, a manqué de respect en illustrant avec autant de gratuité l’utilisation des armes à feu, de la violence gratuite, et ce n’est pas cela dont nous avions besoin. C’est un manque flagrant de sensibilité, de savoir-être à l’endroit des Canadiens qui ont été éprouvés en 2020 par la violence des armes à feu.

Je reviens: comment une direction d’une télévision d’état a pu laisser une telle émission se produire. Je me fous des cotes d’écoute! Le fond de l’émission était à mon sens de très piètre qualité inventive, créatrice, et révélatrice des vrais enjeux que les Canadiens ont vécu au cours de l’année 2020.

Et dire que ce sont mes impôts qui ont été versés en partie pour la création de cette émission.

J’espère que les autorités de Radio-Canada évalueront cette émission avec tout le sérieux que cela mérite, et je me demande si je suis le seul acadien à réagir en ce sens. Je ne me suis aucunement retrouvé en tant que personne, même j’avais un sentiment de gêne; je ne trouvais rien pour m’offrir un brin de détente.

Serions-nous embrumés à ce point pour que nos cerveaux ne puissent réagir avec lucidité, créativité et liberté?

J’attends la réaction de la Société d’État.

Valois Robichaud
Caraquet