Ravir l’âme et le corps

Je reçois une énorme correspondance pendant la pandémie. Une lettre d’une maman monoparentale m’interroge. Elle débute par ces mots: «Est-ce la main de Dieu? Est-ce la main du diable? La COVID-19 me bouleverse. Je mets mon espérance dans la fraternité humaine.»

Je souhaite que cette fraternité engendre en nous, sa lumière qui transforme, révèle et accomplit. Pour ce faire, reconnaissons que nous sommes porteurs d’un même sang, qui nous fait frères et sœurs d’une même humanité souffrante.

La fraternité, il faut la faire maintenant en tendant la main, faire un appel téléphonique à une personne seule, rendre visite à un malade, offrir un repas à des gens à faibles revenus, etc. La fin de la misère n’est pas pour demain, mais laisser faire, fermer les yeux, laisser tomber, ce serait encore pire.

À ceux et celles qui n’ont pas leur place dans notre système économique, il faut leur dire que l’on est tous solidaires avec eux. C’est quoi la fraternité? C’est refuser les inégalités, la précarité et l’exclusion?

Je souhaite que l’année 2021 se termine dans le gris. Le gris est une couleur qui a de la retenue. Peu importe la couleur, nous avons tous une stratégie pour garder le moral et continuer à voir la vie à l’œuvre dans notre monde chamboulé.

La mienne, c’est l’Espérance exprimée par le poète Charles Péguy: «Cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traverse les mondes révolus. C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera, dans le futur du temps…»

Léon Robichaud
Shippagan