Le dernier des vrais!

Gérard (Nounou) Paulin aura été le dernier de ces aubergistes qui ont maintenu vivante la tradition des hôtels nés avec l’arrivée du train dans la Péninsule acadienne.

L’Hôtel Paulin est effectivement le seul établissement opérant toujours dans la Péninsule dont l’origine est plus que centenaire.

Gérard Raymond Paulin, fils de Léo Paulin et Éva Albert a de qui tenir. Ses parents comme ses grands-parents ont été hôteliers pendant plus d’un siècle à Caraquet.

L’Hôtel Paulin – à qui il a consacré presque toute sa vie – est construit en 1892 et acquis par son grand-père Octave en 1904.

Sa mère, Éva Albert, est la fille de Pierre P. Albert constructeur et propriétaire du Château Albert, construit à côté de l’Hôtel Paulin. Difficile avec une telle descendance d’abandonner le patrimoine familial.

Après un séjour à Montréal, où il travaillera comme agent de bord chez Air Canada, il profitera de sa vie en ville pour parfaire ses connaissances en cuisine, en hôtellerie et en restauration.

À la mort de sa mère en 1972, il saisit la balle au bond et, avec la complicité de ses sœurs, place son hôtel au centre de la vie touristique de la Péninsule acadienne. L’Hôtel Paulin devient ainsi la preuve vivante que tradition et modernité sont conciliables quand vient le temps de promouvoir une région. Gérard Paulin redonne donc à son auberge l’image d’un lieu hospitalier, où la cuisine acadienne sera reine.

En même temps, il développera une obsession qui changera l’image de la ville de Caraquet: il veut redonner au vieux bâtiment son allure de jeunesse!

Avant que ce soit la mode, il s’obstine contre vents et marées à vouloir restaurer son bijou, ce qu’il parviendra à faire à la fin des années 1990. Il déplace l’énorme bâtiment, rénove l’extérieur et ensuite l’intérieur pour en faire une pièce maîtresse dans l’image que se donnera la Ville de Caraquet en faisant la promotion de son patrimoine architectural et son caractère acadien.

Sans les efforts de Nounou, Caraquet ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, et c’est sans compter l’immense contribution de Gérard aux efforts de la région dans la promotion touristique.

On gardera de lui le souvenir d’un homme profondément attaché à sa communauté et qui a su garder vivantes trois générations de tradition et d’amour pour Caraquet.

À sa femme Karen, à son fils Jules et à ses sœurs, nous offrons nos plus sincères condoléances.

Bernard Thériault
Caraquet