La semaine dernière, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé le processus de révision de la loi sur les langues officielles de la province, un exercice qui a lieu tous les dix ans.

Il sollicite des candidatures parmi lesquelles deux commissaires seront choisis pour réaliser le travail. Avant de discuter du processus, il faut rappeler que la loi sur les langues officielles a d’abord été mise en œuvre pour faire la promotion des deux langues officielles et ainsi protéger les droits linguistiques de sa minorité.

Dans toutes les sociétés où il existe un rapport majorité/minorité, un déséquilibre de pouvoir s’installe et crée des tensions qui affectent leurs relations. Le critère numérique a été retenu par le Comité des droits de la personne de l’Organisation des Nations Unies (actuel Conseil des droits de l’Homme) pour définir le statut d’un groupe minoritaire ou majoritaire.

Or, une minorité constitue un groupe dont le poids relatif est défavorable au sein d’une population ce qui l’expose à des désavantages. Par exemple, le critère numérique fut appliqué dans l’affaire Sandra Lovelace pour déterminer qu’elle appartenait bien à une minorité parce que les Amérindiens malécites représentaient moins de 50% de la population.

Plusieurs soupçonnent que le premier ministre Higgs, qui n’a jamais été un fervent défenseur des droits de la minorité francophone, profiterait de cette révision pour apporter des modifications à la loi qui viendrait rectifier une situation discriminante qui affecte les droits de la majorité. Son incompréhension de la loi sur les langues officielles est notable et le processus visé est, à mon avis, injuste.

Dans une province officiellement bilingue, comment justifier que les Commissaires n’ont pas besoin d’être bilingues pour accomplir ce travail?

Qui choisira les deux Commissaires et par quel moyen? Par exemple, pourquoi ne pas avoir confié la tâche à deux juges retraités bilingues qui ont déjà fait leurs preuves ou encore, pourquoi pas un comité de l’Assemblée législative compétent et capable de mener à terme cette révision?

Monsieur le premier ministre, nous ne voulons pas perdre de droits, nous voulons que la loi protège davantage nos droits pour ne pas perdre ce que nous avons de plus sacré: notre culture et notre langue.

Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton

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