Servir des aliments avariés pour économiser

Une situation a été portée à notre connaissance et elle remet en cause les cas d’abus dans les foyers de soins spéciaux.

Ces foyers sont à but lucratif et il en va de l’intérêt des propriétaires de «ménager» le plus possible afin de tirer le maximum de profit, d’où la possibilité d’abus.

Dans la situation en cause, le propriétaire sert aux résidents de la nourriture de mauvaise qualité, souvent défraîchie, et même légèrement avariée, pour économiser dans le budget réservé à l’alimentation.

Les résidents, comme on le sait, sont les derniers à pouvoir dénoncer ce qui leur arrive et les familles ne voient pas ce qui se passe puisqu’on leur interdit de pénétrer à l’intérieur des foyers. Les employés, tout comme les fonctionnaires, craignent de perdre leur emploi s’ils osent se plaindre, et ce ne sont certes pas les propriétaires qui vont s’autodénoncer.

Une telle situation est lamentable. Il y a toujours eu des cas d’abus auparavant, mais ils se sont apparemment amplifiés avec l’interdiction des familles de visiter leurs proches.

Il faut retourner à la source qui est le ministère du Développement social. Il est censé faire des inspections et voir à la qualité des soins, puisqu’il assume une grande partie des frais.

Or, les démarches de notre Comité en vue d’améliorer le système d’inspection n’ont pas porté fruit. Les inspections n’ont lieu qu’annuellement et le formulaire de vérification est incomplet. Le ministère dépend largement des familles et des employés pour dénoncer les abus, mais cette attente est irréaliste, tel qu’indiqué plus haut.

Parce que le risque d’abus est omniprésent, le ministère, faute d’autoriser les familles à visiter, devrait procéder à des visites impromptues plus fréquentes pour parer les abus et y mettre fin. Après tout, il en va de la protection de nos aînés, sachant que ce sont les plus dépourvus qui sont les plus vulnérables.

Claude Snow
Comité des 12