Un parler unique

J’ai trouvé fort intéressant l’article du vendredi 12 février de David Caron à propos du parler acadien de la Péninsule.

Pour avoir vécu dans différents coins de l’Acadie des Maritimes, je peux constater les nombreuses différences évoquées par le linguiste Basile Roussel. Le phénomène du son «ère» en «are» m’a toujours intrigué.

D’ailleurs, si le son «ère» de certains mots a peut-être déjà été inclus dans la phonétique officielle en France, sa transcription ne s’est probablement jamais retrouvée dans les salles de classe des enfants des premiers Acadiens. Si on entend la «mar» (mer) à la Baie-Sainte-Marie, on en entend aussi de toutes les sortes pour d’autres mots que l’on soit ailleurs en Acadie, au Québec ou dans un autre coin de la francophonie canadienne.

Voici un exemple de mots ayant le son «ère» qui se transforme par «are» à l’oral: marci, couvarte (on devrait dire «couverture»), harbe, farmer, pardu, varte (comme les habitants de Rivière-Varte le prononcent), énarver, pardrix («padrix» est couramment entendu), aparcevoir, tavarne, charcher, sarviable, çartain, darrière, farmer, travarser, raculer, varmine, varge, barcer. Il y a aussi les mots vulgaires marde et tabarn…

Il serait intéressant de trouver l’origine de cette façon de parler qui se perpétue à l’oral. Je lance la balle à Basile Roussel!

Hugues Chiasson
Saint-Jacques