Les Acadiens n’ont pas pour tradition de faire beaucoup de manifestations?

Lors du récent Parle-Ouère virtuel sur le militantisme tenu par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, la professeure Michelle Landry de l’Université de Moncton, souligne que les Acadiens n’ont pas pour tradition de faire beaucoup de manifestations.

Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue.

On n’a qu’à penser aux innombrables actions posées pour se donner un réseau d’écoles acadiennes et une université. Souvenons-nous de la manifestation des étudiants de l’Université de Moncton et celle des étudiants du Collège de Bathurst, des protestations des parents de Saint-Simon et de Saint-Sauveur qui ont dû faire face à la police pour garder leur école ouverte ou encore celle des étudiants et étudiantes de la polyvalente W.A. Losier contre les conditions physiques et la décision de la direction de la commission scolaire de les mettre en lockout.

On n’a qu’à penser aux démonstrations tenues pour avoir des services en santé dans sa langue, dans sa région comme à Caraquet, à Saint-Quentin et ailleurs.

On n’a qu’à penser aux actions publiques des citoyens et citoyennes d’Anse Bleu contre la centrale nucléaire, à celles menées contre l’incinérateur Bennet à Belledune ou les plus récentes actions directes contre le gaz de schiste, en particulier dans le comté de Kent.

On n’a qu’à penser aux nombreuses manifestations dans les régions acadiennes depuis le milieu des années 1970 contre les coupures au programme d’assurance-chômage.

On n’a qu’à penser aux différentes actions des pêcheurs acadiens pour avoir le droit de se syndiquer avec l’Union des pêcheurs des Maritimes.

On n’a qu’à penser aux nombreuses réunions publiques des expropriés de Kouchibouguac.

On n’a qu’à penser aux actions musclées des travailleurs forestiers du nord contre la mécanisation dans la forêt dans les années 1995.

On n’a qu’à penser à la participation de milliers de travailleurs et travailleuses acadiennes lors de la grève générale dans le secteur public en 1992 contre le gouvernement McKenna qui avait brisé les contrats.

Ce ne sont là que les plus visibles exemples de mobilisation au cours des années.

Je soutiens donc qu’il est tout à fait faux de prétendre que les Acadiens et Acadiennes n’ont pas de tradition de mobilisation.

Jean-Claude Basque
Moncton