Les soins de santé est-ce que ça existe encore?

Quelle forme prendra la réforme de la santé? Que vont faire les commissaires? Vont-ils entendre et écouter les besoins des citoyens, citoyennes de cette province? Allons-nous avoir des soins équitables au nord et au sud? Déjà le sud a les plus gros hôpitaux, avec des soins spécialisés. Normal direz-vous étant donné la concentration de la population dans le sud. Mais pourquoi n’avons-nous pas plus de services dans le nord, à Bathurst et à Edmundston?

Pourquoi les régions rurales ont-elles peur de perdre dans cette réforme?

Pourquoi le contrat de Medavie en ce qui concerne le service ambulancier n’a pas les mêmes exigences pour les milieux ruraux que les grandes villes?

Une urgence a-t-elle moins d’importance lorsqu’elle survient dans un milieu rural?

Maintenant, avec la majorité, le gouvernement va-t-il reculer ou foncer?

Souvenons-nous que notre premier ministre n’a pas l’intention de se représenter, quel va être son coup de barre? Tous azimuts vers le sud, in english first?

Personnellement, je demande que tout service de santé spécialisé d’envergure provincial soit donné dans les deux langues officielles. Pour les francophones, c’est un droit et une obligation pour tout gouvernement de cette province.

J’invite les élus du sud à faire trois ou quatre heures de route pour se faire soigner dans le nord, s’ils ont une maladie grave, et faire le retour la même journée.

Peut-être comprendront-ils mieux la situation des gens qui n’ont pas de soins à proximité?

Je comprends, il ne faut pas dupliquer, notre province est petite et n’a pas la population pour une multiplication des soins spécialisés. Mais, s’il vous plaît, ne favorisez pas des hôpitaux aux extrémités de la province. Déjà, Moncton est loin, mais Saint-Jean est à une distance excessive pour un patient gravement malade. Pourquoi ne pas penser à placer plus de soins dans le nord lorsque c’est possible?

J’invite les gens qui programment les rendez-vous pour ces soins spécialisés dans le sud à avoir assez de compassion pour les fixer en milieu de journée. Ma sœur souffrait du cancer, et souvent ses rendez-vous étaient à 8h ou 9h le matin, donc départ vers 4h dans la nuit et retour la même journée pour cinq minutes de consultation, ce qui aurait pu être fait par vidéoconférence.

Nous demandons un minimum de compassion et de respect pour l’état de santé des malades graves devant voyager de longues heures pour les services. C’est révoltant, quand un effort minimum n’est pas là…

Avec la pandémie, je n’ai pas vu mon médecin de famille depuis plus de 8 mois. Douze appels à son bureau sans réponse, même si j’appelle dans les heures indiquées sur le répondeur, quatre arrêts à son bureau, la première porte est barrée. Mon cardiologue a un répondeur, sur lequel on peut laisser un message, quatre demandes de rappel placées, pas de réponse. Je suis diabétique, un an sans test, sans suivi, alors qu’avant la cadence était tous les trois mois. Les renouvellements des prescriptions, les chirurgies retardées, attendre parfois des heures dans l’ambulance à l’hôpital… Mais où sont passés les soins de santé?

J’invite la nouvelle directrice de Vitalité à faire un virage important pour offrir des soins axés sur la personne au lieu de la maladie.

Faire de nos hôpitaux des endroits où on soigne au lieu d’être des endroits où on charcute, on retourne à la maison le plus vite possible, comme sur une ligne de production. C’est la famille et les proches qui offrent les soins en fin de compte.

J’espère que vous saurez, madame la nouvelle directrice, nous démontrer que vous n’êtes pas une photocopie de l’ancien directeur.

Si vous calculez les heures supplémentaires payées à temps et demi, plus les temps d’absence de maladie et épuisements professionnels, peut-être seriez-vous en mesure, sans augmenter les dépenses, d’engager du personnel soignant afin de permettre à vos employés de vivre une vie plus harmonieuse et gratifiante pour eux et leurs familles.

La réforme demande la vigilance de toute personne en milieu rural, ne vivant pas dans l’axe de Saint-Jean, Fredericton et Moncton. Elle devrait être une préoccupation autant des anglophones que des francophones ne vivant pas dans les grandes villes.

Que les francophones s’unissent par le biais de la SANB et demandent le respect que nous confère la loi des langues officielles.

Si on ne réussit pas, il faudra changer le nom du réseau Vitalité à Fatalité…

Réginald Boudreau
Grande-Anse