Que faire avec les $28 millions?

J’ai lu avec intérêt l’article publié dans L’Acadie Nouvelle du 19 mars, par le journaliste Alexandre Boudreau, à savoir que le gouvernement Higgs songe à redistribuer l’argent de la taxe sur le carbone aux contribuables de la province.

On apprend que cette position figure parmi quatre options présentement à l’étude. On ne nous dit pas quelles sont les trois autres options. Je ne comprends pas ce manque de transparence, mais j’imagine qu’une fois dévoilées, elles seront plus productives.

La taxe carbone génère des revenus considérables que les gouvernements conservateurs ont politisés dans les dernières années, car ils sont contre l’idée.

Le fédéral a fini par imposer cette taxe au Nouveau-Brunswick. Le but est que, comme société, on élimine le plus rapidement possible notre dépendance aux combustibles fossiles en se tournant vers les énergies renouvelables. Taxer ce qu’on ne veut pas et favoriser ce qu’on veut ou doit faire.

Présentement, le gouvernement Higgs utilise une partie des revenus de la taxe carbone pour subventionner le pétrole puisqu’en 2020, ils ont utilisé ces revenus pour réduire la taxe d’accise provinciale sur l’essence de 4,6 cents. Ceci est donc une diminution des revenus de la province, mais d’un l’autre côté l’argent généré par la taxe n’a pas tout été utilisé à réduire les GES. Les 28 millions $ d’extra ont été transférés dans les coffres de la province pour ainsi rebalancer ce manque. Les 28M$ n’ont pas contribué à diminuer les GES, mais ont servi de subvention au pétrole.

Puisque la taxe carbone va augmenter le 1er avril de 30$ à 40$ la tonne, ce scénario va probablement se reproduire cette année.

Que faire avec le 28 millions $ de surplus? Pensons aux énergies renouvelables. Il ne faut pas oublier que les scientifiques nous disent qu’il faut viser des énergies 100% renouvelables, d’ici 2050.

Typiquement, une éolienne de 3 MW coûterait environ 2M$ à 2,5M$ à installer et, si bien positionnée, elle devrait générer entre 3 GWh et 7 GWh par année. Ce qui représente environ 500 000$ ou plus par année en électricité pour chaque éolienne.

Imaginons pour un instant que le gouvernement Higgs transfère année après année les recettes de la taxe carbone à Énergie NB pour acheter et installer des équipements d’énergie renouvelable sur son territoire, comme des éoliennes.

Les 28M$ permettraient la construction d’au moins 10 éoliennes dès la première année. Au bout de 10 ans, il y aurait des centaines d’éoliennes de plus sur le territoire.

L’énergie ainsi produite serait pratiquement gratuite et la construction de ces éoliennes n’aurait rien coûté à Énergie NB.

Ce scénario aiderait à diminuer les coûts de production d’électricité. Ce qui ferait plaisir aux contribuables. La production d’électricité serait plus verte et compétitive. Le coût du pétrole serait moins compétitif.

De plus, cette stratégie contribuerait à diminuer la production de gaz à effet de serre.

Cette option est bien plus productive pour lutter contre la crise climatique que de donner un chèque aux particuliers puisqu’il est difficile de démontrer que l’argent servira à réduire les GES.

Le temps presse, il faut agir dès maintenant.

Claude Cormier
Bathurst