Un roman d’une très grande qualité

Si vous voulez mieux comprendre ce que signifie la discrimination linguistique, ethnique, religieuse, raciale, ou autres, je vous encourage à lire, L’amour et la guerre, de Paul Lirette. C’est le plus récent de ses cinq livres publiés depuis 2015.

Au juste, qui est ce M. Lirette? Il est natif de la ville de Moncton, mais a surtout vécu et œuvré dans le comté de Kent comme enseignant et directeur d’école.

L’une de ses nombreuses passions a constamment été l’histoire et c’est cet élément qui rend ses œuvres historiques si attachantes et si éclairantes. D’ailleurs, il reconnaît que cette passion lui vient surtout de deux de ses anciens enseignants: Adrien Arsenault et Willie Lirette.

Dans L’amour et la guerre, l’auteur nous décrit brillamment les tensions linguistiques et sociales qui prévalaient dans sa ville natale entre les anglophones et les francophones au cours des années 1930 et 1945. Il va sans dire que ces tensions avaient même des répercussions dans les familles et dans le milieu du travail.

Par exemple, à l’époque, si des francophones décrochaient un emploi au CN, certains compatriotes anglophones leur reprochaient d’avoir volé leurs emplois. Offrons un autre exemple. Si un fils d’une famille catholique voulait épouser une protestante, une crise familiale était créée. Il n’était pas rare non plus que des batailles entre des groupes francophones et anglophones soient soulevées.

N’oublions pas non plus que la peur chez les nôtres était palpable. Il était dangereux de parler français dans les lieux publics si nos compatriotes s’y trouvaient.

On le sait que la Seconde Guerre mondiale en Europe a obligé plusieurs de nos hommes et de nos femmes à s’y rendre. L’auteur développe abondamment le rôle des nôtres pour combattre les rêves d’Hitler qui voulait anéantir le peuple juif, conquérir ce continent et même le monde entier.

À la toute fin du roman, l’auteur nous offre de magnifiques surprises. Quand nos jeunes soldats étaient de retour au pays, certains parents, sans s’en rendre compte, révélaient leurs penchants discriminatoires que leurs propres enfants avaient si noblement et vaillamment combattus au-delà de nos frontières!

Vraiment, L’amour et guerre est un roman digne de la grande littérature acadienne et universelle. Je lui accorde une longue vie et de multiples prix.

Alcide F. LeBlanc
Moncton