Pas de solutions magiques

Notre ministre de l’Éducation ne semble pas avoir compris l’importance de la formation professionnelle. C’est tout de même un peu bizarre pour un ministre de l’Éducation, non?

M. Cardy croit avoir trouvé la solution parfaite au manque de psychologues dans les écoles: d’un coup de baguette magique, il va transformer les enseignants en psychologues, moyennant une courte formation. Facile! Problème réglé! Passons au problème suivant!

Mais attendez une minute M. Cardy, ne manque-t-il pas aussi d’enseignants dans nos écoles? Pourquoi, tant qu’à y être, ne pas demander aux parents de s’improviser enseignants? Vous pourriez en profiter pour les payer moins cher. Quelle idée géniale! Je suis sûre que votre ami le premier ministre appréciera votre plan. Vous pourrez même le convaincre qu’il suffit de jouer comme ça à la chaise musicale pour que du jour au lendemain, il n’y ait plus aucune pénurie de main-d’œuvre au Nouveau-Brunswick. Les infirmières deviendront médecins, les préposées aux soins deviendront infirmières et les malades deviendront préposés aux soins. Tous nos problèmes seront réglés. Vive l’éducation!

Vous avez peut-être juste oublié un petit détail en ce qui a trait au manque de psychologues dans nos écoles: leur salaire moyen après huit années d’études universitaires est de 35 000 dollars par année. Chut! Il ne faut pas le dire! Ni que le jour où ces psychologues désabusés décideront d’aller travailler dans le secteur privé, ils gagneront plus du double. Ni qu’un simple mécanicien, dont la formation ne dure qu’un an, gagne en moyenne 48 000$ par année. Chut! Silence! Il faut arrêter de comparer les gens comme ça! Ce n’est pas bon! Ce n’est pas bon! Taisez-vous!

Bernadette Landry
Dieppe