Faire mieux que de simplement éteindre des feux

Le mépris du gouvernement face aux psychologues scolaires a été dénoncé par plusieurs, et à juste titre.

Le Comité des 12 a souvent déploré le manque de services professionnels dans les écoles et les conséquences néfastes que les problèmes non dépistés et non traités entraînent sur le plan de la fréquentation scolaire et du comportement en salle de classe.

Le ministère de l’Éducation nous indiquait, il y a quelque temps, que dans la Péninsule acadienne, il n’y a qu’une dizaine de professionnels pour traiter plus de 600 élèves ayant des problèmes graves sur les plans physique, social ou émotif.

Ces élèves, dit-il, ont des problèmes de concentration et de motivation causés par des traumatismes socioaffectifs reliés à l’abus, la négligence, l’abandon, le rejet ou la violence familiale, les problèmes anxio-dépressifs à la suite d’une séparation, d’une perte amoureuse, de tensions au foyer ou d’autres facteurs, comme la toxicomanie et l’absence de routines au foyer.

À cela s’ajoutent les problèmes situationnels reliés à l’absence d’un revenu adéquat, d’un logement convenable et d’une bonne alimentation.

L’insuffisance de ressources professionnelles compétentes et les normes qui baissent continuellement se répercutent par l’absentéisme et le décrochage.

Bien souvent, les services de soutien sont confiés à des non-enseignants ou à des intervenants mal préparés et mal payés, ce qui en appauvrit la qualité et donne les résultats que l’on connaît.

Notons aussi que le temps d’intervention est largement minimisé par le gouvernement. Aux heures d’intervention proprement dites, il faut ajouter 25% du temps d’intervention pour la tenue des dossiers, le travail de bureau, les consultations et les réunions, sans compter les heures passées sur la route dans les milieux ruraux pour se rendre d’une école à l’autre ou pour les visites à domicile.

Nous souhaitons que le gouvernement accorde aux professionnels la place qui leur revient dans le système scolaire pour qu’ils puissent faire mieux que de simplement éteindre des feux, comme c’est malheureusement le cas actuellement.

Claude Snow
Comité des 12
Caraquet