Un «simple mécanicien»

Je tiens à répondre à la lettre d’opinion de Bernadette Landry parue dans l’Acadie Nouvelle du 29 mars.

Je suis d’accord avec vous que le coup de baguette magique du ministre Cardy n’est pas approprié pour résoudre le problème de manque de psychologues dans les écoles du Nouveau-Brunswick.

Cependant, je ne pense pas que la défense et la valorisation d’une profession se fassent en abaissant une autre profession. L’utilisation de l’expression «simple mécanicien» est selon moi extrêmement rabaissante pour cette profession.

J’ai été enseignant de mécanique automobile au niveau postsecondaire pendant 33 ans. J’ai enseigné le fameux cours d’un an qui permet d’obtenir un salaire de 48 000$.

Un petit calcul rapide, un salaire de 48 000$ par an représente un salaire horaire de 24$ heure si la personne travaille 40 heures-semaine pendant 50 semaines par année.

Je n’ai jamais connu d’apprenti qui après un cours d’un an gagnait ce salaire. Au mieux, un apprenti obtiendra un peu plus que le salaire minimum.

De plus, afin de travailler dans le métier, un apprenti doit investir un minimum de 10 000$ pour ses outils, et ce, pour sa première journée de travail. Cet investissement initial ne sera que le début, il devra continuer d’acheter des outils tout au long de sa carrière.

J’ai bien dit apprenti, le cours d’un an ne donne pas une certification professionnelle. Afin d’obtenir son certificat de compagnon Sceau rouge, un apprenti devra cumuler 7200 heures d’apprentissage avec un compagnon, suivre trois blocs d’apprentissage, réussir quatre examens de blocs et un examen de certification national canadien.

On est bien loin du cours d’un an!

De plus, le mécanicien devra continuer sa formation de façon continue auprès des manufacturiers automobile, et ce, afin d’être en mesure de réparer les véhicules qui évoluent technologiquement à la vitesse grand G!

Je peux vous assurer qu’il n’y a rien de simple en mécanique. Le fait que vous le pensiez me laisse croire que vous partagez un peu le même raisonnement que le ministre Cardy.

Le Nouveau-Brunswick a certainement besoin de psychologues, mais il a aussi besoin de mécaniciens, sinon comment les psychologues pourront-ils se rendre au travail?

René Lanteigne
Bathurst