Le N.-B. doit adopter une loi sur le consentement présumé au don d’organes

Le 7 avril, au Canada, c’est la Journée du t-shirt vert, qui correspond au lendemain de l’anniversaire du tragique accident d’autobus de l’équipe de hockey des Broncos de Humboldt en 2018, dans lequel 16 personnes ont perdu la vie et 13 ont été gravement blessées.

Le 7 avril 2018, le lendemain de l’accident, le défenseur des Broncos, Logan Boulet, a succombé à ses blessures. Respectant la volonté de leur fils, ses parents ont proposé de faire don de ses organes pour que six personnes puissent continuer à vivre.

En plus de sauver la vie de six personnes, la générosité de Logan Boulet a également permis de sensibiliser le public au don d’organes et de tissus partout au Canada.

Près de 150 000 Canadiens se sont inscrits pour devenir des donneurs d’organes dans les semaines qui ont suivi la tragédie, le plus grand nombre de Canadiens s’inscrivant comme donneurs d’organes en raison d’un événement ou d’une personne à ce jour.

Le don et la greffe d’organes et de tissus sauvent des vies. Au total, 3014 procédures de greffe d’organes ont été réalisées au Canada en 2019, soit une augmentation de 42% depuis 2010, selon le Registre canadien des insuffisances et des remplacements d’organes.

Bien que cela soit encourageant, c’est insuffisant. Le nombre de greffes d’organes nécessaires dépasse largement le nombre de dons reçus chaque année.

Environ 4400 Canadiens attendent une greffe d’organe pour sauver leur vie, dont des centaines au Nouveau-Brunswick. Malheureusement, environ 250 Canadiens meurent chaque année en attendant une greffe d’organe.

En janvier 2021, la Nouvelle-Écosse est devenue la première province à adopter la Loi sur le don d’organes et de tissus humains, faisant de chaque personne un donneur d’organes potentiel, à moins qu’elle ne signifie son refus.

Selon le site Web du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, la loi a été modifiée pour aider les Néo-Écossais en attente d’une greffe à en obtenir une plus rapidement en augmentant les dons d’organes et de tissus. C’est un changement qui va changer des vies.

Après que le changement prévu a été annoncé, en avril 2019, et que le don d’organes est devenu un sujet de discussion plus large, la Nouvelle-Écosse a commencé à enregistrer des taux de dons plus élevés à la suite d’une prise de conscience grandissante.

«La loi est entrée en vigueur en janvier, mais nous travaillions à la modification du système en préparation de la loi depuis 18 mois», a confié le Dr Stephen Beed, conseiller médical du programme de don d’organes et de tissus de la Nouvelle-Écosse, au Globe & Mail en mars 2021.

«Nous avons fini par avoir de loin l’année la plus fructueuse en matière de dons.»

La Société médicale du Nouveau-Brunswick et la Fondation des maladies du cœur du Nouveau-Brunswick demandent au gouvernement du Nouveau-Brunswick d’emboîter le pas à la Nouvelle-Écosse en adoptant une loi sur le consentement présumé au don d’organes.

De nombreuses nations dans le monde ont des politiques similaires pour leurs citoyens, et cela a une grande incidence sur les taux de dons.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les pays dotés d’une législation de retrait ont des taux de dons d’organes de 25 à 30% plus élevés que le pays qui exigent un consentement explicite.

L’Espagne a adopté un système de retrait il y a plus de 40 ans et, en 2019, elle comptait 49 donneurs d’organes décédés par tranche d’un million d’habitants, soit plus du double du taux canadien de 21,8 donneurs par million d’habitants.

À l’heure actuelle, au Nouveau-Brunswick, il faut accepter de devenir donneurs d’organes. Bien que les sondages publics aient montré que 90% des Canadiens sont favorables au don d’organes et de tissus, 32% d’entre eux seulement se sont inscrits au registre de don volontaire d’organes et de tissus de leur province. Nous pouvons faire mieux.

Grâce au don d’organes, un seul donneur peut sauver jusqu’à huit vies, fournir des tissus à 75 patients et rendre la vue à deux personnes. Il est si important que nous devenions tous des donneurs d’organes.

L’adoption d’une loi sur le consentement présumé au don d’organes contribuerait à augmenter le nombre de dons d’organes et de tissus dans notre province, ce qui pourrait sauver la vie de nombreux Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises.

Lorsque la Nouvelle-Écosse a annoncé son intention d’adopter le consentement présumé, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a admis que le concept valait la peine d’être considéré.

Nos organisations exhortent tous les membres de l’Assemblée législative à proposer un projet de loi sur le consentement présumé au don d’organes au Nouveau-Brunswick. Et nous encourageons les membres du public à exprimer leur soutien à cet important changement.

Dr Jeff Steeve
Président de la Société médicale du N.-B.

Kurtis Sisk
Directeur général de la Fondation des maladies du cœur du N.-B.