L’administration a ses raisons que la raison ne connaît pas

Norma McGraw
Petit-Tracadie

Je ne comprends pas la raison de retarder le vote et de renégocier avec le gouvernement du N.B. le transfert des routes des anciens DSL de la municipalité régionale de Tracadie. L’association des municipalités francophones a tout récemment fait une étude approfondie sur la question du «transfert des routes» à notre municipalité et a soumis son rapport au Ministre des gouvernements locaux. Ce rapport a conclu que nous sommes dans le pétrin si notre municipalité conserve les routes des anciens DSL.

Jean Guy Finn, dans son rapport sur la réforme municipale (qui a été mis sur la tablette), mentionne que s’il n’y a pas de changements au niveau de la fiscalité des municipalités, les municipalités qui veulent fusionner ne pourront pas être viables. Le rapport Finn a reconnu que le partage actuel de l’impôt foncier, 58% aux municipalités et 42% demeurant au gouvernement provincial était insuffisant pour permettre aux municipalités de répondre adéquatement à leurs obligations. Il ajoute que les routes ne devraient pas être transférées tant et aussi longtemps que les municipalités n’ont pas la capacité financière pour assumer cette responsabilité..

Je ne comprends pas ce vote, car c’est depuis 2014 que les gouvernements essaient de nous les transférer et que la municipalité repousse cette échéance. On le sait très bien, qu’à moins que le gouvernement nous donne plusieurs millions de dollars renouvelables à chaque année, c’est de l’utopie que de croire qu’on va pouvoir les entretenir. Le gouvernement et ses fonctionnaires ont manqué de transparence envers le groupe «Ensemble vers l’Avenir», donc envers la population, en ne dévoilant pas les impacts d’une telle fusion.

Le gouvernement avec ces compétences savait très bien ce qu’il faisait quand il nous a donné le statut de «Municipalité régionale de Tracadie». Le gouvernement n’avait plus à partager avec Tracadie les millions de subventions attribuées aux autres villes et cités. Nous perdons des millions en subventions juste parce que nous avons accepté ce statut, contrairement aux autres villes et cités.

Le rapport «Ensemble vers l’avenir» stipulait que les routes seraient transférées à la municipalité après dix ans et\ou après avoir été remises en bon état. Je considère maintenant l’absurdité d’une telle entente. Où la municipalité devait-elle prendre l’argent pour les entretenir après 10 ans?

Tous les experts le disent: sans le soutien financier du gouvernement, point de salut. Que faire avec le 41 cents de plus pour l’administration des routes que le gouvernement veut nous enlever et qui constitue 1,2 millions $ de manque à gagner pour la municipalité? Pour ne pas perdre ces 41 cents, on va garder les routes? Même si on le garde ce 41 cents, ce montant ne suffira pas à construire des routes, à les entretenir et avec le 800 000$ que ça va coûter pour les enseignes, équipements, etc.

Nous sommes une municipalité rurale qui dépend de la qualité de ce réseau routier car nous devons voyager pour nos services essentiels entre autres  pour nos soins de santé. Nous devons avoir les ressources suffisantes pour être une municipalité viable et une prestation de services à des coûts abordables, ce qui n’est certainement pas le cas pour notre MRT.